Passablement déçu par cette suite, qui se contente, malheureusement, de reproduire les thématiques du premier Prison Fire sans éviter la redite ni la caricature. Si Ringo Lam est toujours doué pour dépeindre un milieu excessivement tendu et violent, reflet d'une région tiraillée par son identité à la limite de la schizophrénie (Hong-Kongaise et Chinoise), il s'enfonce dans des gimmicks parfois gênants (les bagarres déclenchées comme un rien, les amitiés viriles flirtant parfois avec la bromance - je pense particulièrement à la seconde partie -). L'effet de répétition et de déjà-vu se fait donc lourdement ressentir avec un maton en chef (encore) impitoyable cherchant (encore) à asseoir son autorité à coup de bâtons et de jeux de soumission, et à faire affronter pour ce faire les têtes des triades dominantes en désignant (encore) un faux traître.
L'autre soucis, c'est qu'il manque à Chow Yun-Fat un acolyte digne de ce nom (ça créait un équilibre dans le premier), et du coup il assume à la fois le rôle de bouc-émissaire et de trublion/trouble-fête. Le plus gros problème étant que l'intrigue tournant autour de son fils n'est pas des plus passionnantes. Si cette dernière se révélera finalement assez émouvante dans un second temps, notamment en approfondissant une autre facette de son personnage, les running-gags des évasions n'arrangent pas les choses (c'est abusé tellement ça parait facile de se faire la malle), mais ont au moins le mérite d'apporter un peu de nouveauté ludique et de tonus à un film qui repose, faut le dire, sur un bon rythme de feignasse.
Demeurent tout de même de beaux moments d'amitié (au fond le véritable sujet de ce diptyque) qui, par leur jovialité communicative et unanime, est aussi plein de défiance envers une autorité qui a tendance à brimer tout élan d'espoir. Autre bon point, le casting, Chow Yun-Fat en tête, même si je le préférais en guignol tragique (là il est un peu plus tragique que guignol). En bref, que propose-t-il par rapport à son prédécesseur ? Pas grand chose... On reprend (presque) les mêmes et on recommence, avec une plus ou moins désagréable impression de remplissage pour le reste pour en faire une histoire qui se tient à peu près. En tous cas, malgré son aspect viscéral/survival (encore plus poussé), Prison Fire 2 n'atteint jamais la puissance de son modèle qui avait déjà fait largement le tour de son sujet.