Monothéismes et multiculturalisme...
J'aurais donc attendu que ce film passe la barre des 10 millions d'entrées pour me décider (et surtout motiver madame) à aller le voir. Il faut dire que les comédies ne sont pas mon genre de prédilection. Christian Clavier non plus depuis qu'il a du mal a sortir de son costume un peu trop élimé de Jaquouille la fripouille et nous ressert les mêmes mimiques. Bon, en contrepoint, il y avait l'avis positif d'une copine qui avait beaucoup aimé.
C'est donc fort mitigé que je me rendais, bien accompagné, découvrir ce que tant avaient déjà vu et apprécié.
D'entrée, on sent bien que l'humour est appliqué par touches... à la truelle ! La vannes fusent et la subtilité est provisoirement mise de côté. Le spectateur doit saisir les allusions et elles sont suffisamment explicites. Toutes les couleurs et les confessions sont réunies. Bon, on a choisi des religions monothéistes "phares" et particulièrement stigmatisées afin de simplifier l'approche. Mais si l'on entre à fond dans les poncifs, c'est pour mieux les battre en brèche. C'est bien là que réside l'intérêt principal de ce film. La critique de l'intolérance et la promotion de l'ouverture d'esprit sur les différences.
Au fur et à mesure que la narration se déroule, le spectateur pourra se sentir de plus en plus à l'aise dans ses charentaises, habitué aux traits d'humours acides tandis que commence à poindre davantage de subtilité. Le jeu des actrices et des acteurs n'y est pas pour rien. Le charisme, le naturel et l'aisance de ces dames et de ces messieurs (chevronnés ou non) attise la sympathie. Cet humour bon enfant habilement distillé m'a fait rire à de nombreuses reprises, ce qui n'est pas si courant avec les comédies. L'inversion de certains rôles est judicieusement amenée, lorsque par exemple les objets du rejet familial parental se liguent contre un nouveau venu qui met en péril leur position chèrement acquise. On pourra se demander comment il est possible que quatre jeunes femmes issues d'une famille traditionnelle catholique provinciale et chauvine (raciste ?) se montrent aussi ouvertes dans leurs choix de cœur. C'est la magie de l'amour me direz-vous. Ouais, OK, ça passe pour cette fois.
Mais sous la couche tarte à la crème de l'angélisme se dissimule une finesse qui apporte un vent de fraîcheur divin à défaut de modifier les consciences en profondeur.
Mais en cette période de difficulté financière, il est rassurant de constater que tant de gens se déplacent pour apprécier (je l'espère) cette gentille comédie tolérante au lieu d'aller porter au pouvoir, comme dans les années 30 en pleine crise, un chancelier en chemise brune au pouvoir.
L'Histoire nous a appris le résultat apocalyptique de ce vote de désespoir et les initiatives dans le genre de ce film populaire (et pas populiste pour le coup) sont vraiment les bienvenues !