Tout d'abord, sachez que j'ai rédigé une critique concernant le livre "Quelques minutes après minuit" paru en 2012. Le film est en fait l'adaptation cinématographique de cette oeuvre.
Ce film est d'une incroyable puissance. Si le thème du long métrage n'est pas nouveau, je trouve que la façon dont le réalisateur le traite est d'une grande intelligence et d'une originalité bienvenue. J'ai du mal avec le mot chef-d'oeuvre tant l'appréciation d'un film est subjective mais je crois pouvoir dire qu'il est important, voir nécessaire de regarder ce film...
La détresse de Connor est communicative. On aurait envie de lui dire que tout ira bien et en même temps, nous n'en sommes pas vraiment sûr. Même si sa mère est encore vivante, le drame a déjà lieu, ou plutôt, il a déjà eu lieu. Connor a en effet compris que sa mère ne s'en sortirait pas malgré toute la bonne volonté de celle-ci à rester positive et courageuse. Connor l'a compris, mais il n'arrive pas à l'accepter.
Un paradoxe déchirant s'installe en lui : il ne souhaite pas qu'elle parte et en même temps, il n'en peut plus de la voir dans cet état, il en vient à souhaiter que tout cela se termine. Mais ce souhait est presque inconscient tellement la culpabilité qu'il éprouve envers lui même à propos de cette vérité lui est difficile à concevoir.
C'est finalement dans sa solitude absolue qu'il va apprendre à accepter. Connor va faire appel à un monstre mais pas n'importe lequel. C'est le monstre qui est en lui qui va lui venir en aide avec trois histoires qui lui feront peu à peu prendre du recul sur ses certitudes et ses croyances. Puis, Connor se racontera une quatrième et dernière histoire qui fera éclater la vérité. Toutes ces histoires sont en fait le cheminement intrinsèque qui abouti à une vérité dont le poids est très lourd à accepter pour un petit garçon de 13 ans. En fin de compte, elles sont une représentation fantastique du questionnement mais aussi du raisonnement d'un enfant face à la mort. La prouesse vient du fait que cette représentation, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'a rien de juvénile. Elle n'a rien d'élémentaire. Il s'agit bien d'une image élaborée et complexe mais qui encore une fois, reste accessible à un enfant, d'où la performance !
A plusieurs moments, notre gorge se serre. Le moment redouté mais tristement attendu arrive à grands pas. Plusieurs scènes sont d'une profondeur et d'une puissance inouïe. Elles sont d'ailleurs accompagnées d'une musique sublime. Le jeu d'acteur est d'un grand niveau. Mention spéciale à Lewis Macdougall qui est très crédible. Que dire de Sigourney Weaver et de Felicty Jones à part bravo...
La scène de fin est déchirante et en même temps elle est étonnamment réconfortante avec la présence du monstre. Elle est suivie d'une dernière scène qui vient donner encore plus de profondeur au film...
Je ne vais pas en dire plus car je crois qu'il est important que chacun découvre le film et se fasse son propre avis. Mais vraiment j'espère que "Quelques minutes après minuit" aura chez vous la portée et l'impact qu'il a eu sur moi.
N'hésitez pas à faire des remarques, j'apprécierais énormément parler de ce film.