Alors réalisateur australien de clip musicaux, (The Buggles, Duran Duran...) Russell Mulcahy est approché par les frères Mc Elroy (producteurs de The Last Wave, Hanging Rock...) pour mettre en image un script basé sur un roman de Peter Brennan (Razorback 1982).
N'ayant pu passer plus tôt au long-métrage ( il fut pressenti pour la séquelle de Flashdance mais il déclina la proposition), il accepte aussitôt après lecture du scénario.
L'histoire raconte la quête d'un mari (Gregory Harrison) à la recherche de sa femme journaliste (Judy Morris), venu dans l'Outback australien pour y faire un documentaire sur le massacre supposé de kangourous et pouvant mener à une possible extinction (ce qui est faux, puisqu'à ce jour, il y a plus de 50 millions de ces marsupiaux en Australie).
Mais il ne sait pas encore que celle-ci a été victime d'un Razorback monstrueux.
Il y fera aussi la connaissance malheureuse de deux braconniers sans scrupules, alimentant leur fabrique de nourriture canine avec de la viande de kangourous, justement.
Au cours d'une virée avec les deux dégénérés, il tombera nez à nez avec le fameux Razorback. Dès lors, il embrassera la cause de Bill Kerr (dont le Razorback a tué son petit-fils) pour annihiler cette monstrueuse aberration de la nature...
Illustré par de superbes paysages sauvages, le premier essai de Mulcahy distille un certain malaise de par une ambiance poisseuse ( via le duo de braconniers) et la photo superbe du formidable Dean Semler (Mad Max 2, Dance With Wolves, Last Action Hero...).
Ainsi, le métrage est parsemé de scènes à composantes surréaliste (les arbres morts habillant un sol minéral et baigné d'une lumière rasante, le rêve de Carl d'où émerge un squelette de cheval hennissant sur fond de ciel aux couleurs incroyables...) qui sublime le film.
Malgré quelques scories ici et là (la musique pas toujours à la hauteur de Iva Davies, les effets visuels cheap dessinés à la main, le manque de charisme de Judy Morris et surtout le Razorback pas toujours assez mobile, car la créature animatronique est vissée sur un chariot, donc pas de mouvement réaliste, excepté la tête. Pourtant, la production semble avoir déboursée une fortune pour la construction du fameux Razorback, soit 250.000$...), le film accomplit son œuvre.
Fort heureusement - outre les qualités visuelles indubitables dues au talent combiné de Mulcahy et son chef-op - ce premier long reste un voyage crépusculaire entre l'homme et la nature, au cœur de l'Outback australien encore vierge.
Côté interprétation, nous retiendrons surtout les prestations de Bill Kerr (Jack Cullen), David Argue (Dicko) et celle de Arkie Whiteley (déjà présente dans Mad Max 2) qui nous a malheureusement quittés à l'âge de 37 ans, en décembre 2001...
A noter que le razorback est un animal bien réel (bien que de taille classique comme pour tous les Suidés), puisque un proche cousin de nos sangliers;
Quant au tournage, il se déroula à Broken Hill (New South Wales) et ses environs, où fut aussi tourné Mad Max 2 entre autre.
En résumé, Razorback demeure l'ultime film mettant en scène un sanglier meurtrier et ce n'est pas le sinistre Boar qui viendra inverser cette tendance...