Ça démarre en pleine dépression, sans préliminaires.
On a tous vu l'araignée dans la bande annonce, en attendant son apparition, on a droit à un type qui désespère de réparer ses chiottes...
Barbe de SDF, et regard vide d'insomniaque, rien ne nous rapproche de ce marginal de l'espace à part sa cuillère à soupe et son pot de pâte à tartiner. Comme vivant dans une cabine au fond des bois et ne prenant pas de douche. On devine l'odeur fétide du lieu.
L'histoire a beau se passer pendant l'âge d'or de la conquête spatiale, on se demande tout de suite pourquoi il est parti seul (évidemment pour des raisons scénaristiques).
Le sujet du film, j'y viens. L'introspection d'un gros con égoïste.
On ne sait strictement rien des personnages terriens, que ce soit Peter en charge de sa santé mentale et sa collègue (dit une fois on avait compris), ou sa femme dont il ignore tout et nous aussi.
En fait j'ai eu l'impression de revoir AD Astra, l'exploration spatiale étant un prétexte à l'introspection. Mais le personnage est égoïste au point de ne rien apprendre au spectateur.
Un voyage lent dans la psyché d'un égocentrique, un vaisseau traversant le système solaire à plusieurs fois la vitesse du son, avec un "smartphone" qui se dispense des lois de la physique (communication instantanée), mais pas foutu d'avoir des toilettes qui fonctionnent...
Le film a un petit côté méta avec Peter (Ragesh de Big Bang Theory), l'astronaute juif, et les toilettes qui ne fonctionnent pas, sauf que c'était drôle.
Et pour couronner le tout, l'araignée s'appelle "Anus".
Un peu dommage car c'est le personnage le plus intéressant du film, mais comme Jakub est un égoïste, il ne lui demande rien. Même pas comment il a pu s'introduire dans le vaisseau.
Le film fait preuve de bon sens sur un point, notre irrésistible curiosité envers les égoïstes et les égocentriques. Anus est ici le fidèle représentant de l'humanité.
En résumé, c'est lent, dispensable, visuellement correct, et pour les émotions passez votre chemin.