Attention : critique inachevée. Je règle ça dès que le temps pour le faire se présente.
Première fois de ma vie que je vais voir un film au cinéma le jour de sa sortie, à la première projection qui plus est, et sans arriver en retard !
Fortement déçu par l'épisode VII, n'ayant pas jugé intéressant de voir le VIII, j'ai alimenté la naïveté de croire à un final qui bouclerait la saga d'une bien belle manière, rendant hommage à la création de Lucas.
Naïveté, je vous dis...
Evoquons tout de suite un axe fondamental de ma critique : les grosses productions américaines de ces récents temps se foirent royalement sur les fins. On retiendra d'ailleurs de nombreux points communs à ce Star Wars et à Game of Thrones, dont la saison finale est sortie en Mai :
- la figure centrale du trône, objet suprême de pouvoir, d'accomplissement, de victoire
- l'amour impossible entre les deux protagonistes principaux, qui se conclue par la mort de l'un d'eux
- le thème récurrent de la filiation
- l'attrait du pouvoir et ses conséquences sur l'individu
- l'insupportable procrastination des producteurs, qui ruinent affreusement le bouquet final de ce qui devrait être grandiose, car ils n'ont pas le temps nécessaire pour exploiter tout ce qu'ils ont amorcé
Nous pourrions encore en énumérer davantage, tant je suis certain de ne pas avoir pensé à tout, mais je crains que la liste ne prenne la moitié de la critique...
Il semblerait donc que les ténors de l'audiovisuel américain à succès s'inspirent (se copient) mutuellement, tant les ressemblances apparaissent évidentes. Comme si les chevaliers médiévaux allaient débarquer au milieu des tirs de blasters et les sabres laser faire irruption entre deux dragons...
Dans le but d'attirer le même profil de public, c'est assurément commercialement efficace. Pour l'originalité, on repassera.
Venons-en plutôt à ce qui occupe le plus l'esprit durant le visionnage du film : la vache, ça fuse. Le rythme peut être honorablement qualifié, toute exagération contenue, d'effréné. Ca va vite. Très vite. Trop vite.
Une telle vitesse incarne à merveille tout un aspect de notre formidable époque : on a pas le temps, et qu'ça saute !
Tout est balancé en veux-tu en voilà : les révélations (pourtant énormissimes), l'action, les explications, les combats, les rebondissements...
C'est précisément ce que je hais avec ce genre de traitement. Alors certes, l'auditoire lambda de service, odieusement répandu, incapable de se concentrer plus de cinq minutes sur une seule scène, un seul dialogue, une seule narration, une seule action ; qui privilégie l'esthétique et le "wha, c'est bô !!!" à l'intrigue et au développement des personnages, se verra ici comblé. Son encéphale atrophié et demeurant aux capacités d'analyse qu'il présentait à dix ans ne sera pas trop bousculé, il n'y aura donc pas tant d'efforts à fournir pour ne pas tomber du train en route. On a la sensation qu'on s'adresse ici à des nourrissons, chaque passage étant minimisé le plus possible dans le but d'éviter que l'attention catastrophique des Jean-Enzo PS4 Kaaris Foot Audi et Anne-Vanessa Tik Tok Insta Les Anges Fiat 500 ne soit rudoyée.
C'en est... démoralisant.
Moi qui trouvais justement que Star Wars, contrairement à toutes les autres grosses franchises américaines, ne s'égarait pas dans ces interminables florilèges d'action stupide et brut de décoffrage, me voilà refroidi.
Bien sûr, tout n'est pas à jeter, ne soyons pas si catégoriques. On retrouve notre cher et tendre Palpatoche (seuls les vrais savent d'où vient ce surnom), plus hideux et cadavérique que jamais, exhibant, pour notre plus grand plaisir, ses doigts rongés dignes d'un mort-vivant de deux ans. Il est encore moins frai qu'avant, mais son obstination à fuir les EHPAD pour repointer le bout de son nez décoloré fut une excellente idée, à laquelle personne ne s'attendait pour cette fin de postologie.
Kylo Ren est plus torturé que jamais, oscillant entre ses deux lui. Ben Solo bataille contre lui pour tirer au clair qui l'emportera.
C3PO tient un rôle plus capital que jamais auparavant, détenant la clé de la machination Palpatochesque. Son ridicule attachant et décalé n'a rien perdu de ce qu'il était par le passé.
Notre Leia internationale tire ici une révérence plus que méritée, qui montre bien à quel point les scènes d'un projet pareil peuvent être tournées en amont, Carrie Fisher nous ayant quitté voilà déjà trois ans. A l'opposé de la conclusion apportée à la saga de la famille Skywalker, la sienne scelle superbement le destin d'un personnage majeur de Star Wars, l'un des derniers de l'aventure originelle à avoir tenu aussi longtemps (avec Lando, nous en reparlerons), et qui, jusqu'à la fin, aura vécu dans la résistance au mal.
Oh ! Et puis, cette scène dans une sorte d'arène, de "stade du Côté Obscur",
Sinon, Joyeux Noël à vous ! Nous avons au moins ça pour nous remonter le moral !