Pour le 3ème long-métrage, après le sympathique Je préfère qu'on reste amis... et le savoureux Nos jours heureux, Olivier Nagash et Éric Toledano remettent le couvert avec une comédie familiale des plus touchantes.
Ce que j'ai toujours apprécié chez ce duo de réalisateurs, c'est la justesse de leurs oeuvres. Bien évidemment, une certaine corrélation avec mon histoire personnelle influence mon regard sur leurs films, car en tant que solitaire affirmé aux déboires amoureuses (Je préfère qu'on reste amis...) et ancien animateur en centre de loisirs (Nos jours heureux), leurs sujets me parlent. Et en creusant un peu dans mon entourage, je me rends compte que même ceux qui ne sont pas directement touchés n'en sortent pas moins indifférents d'une séance. Pourquoi ? Parce que les deux compères ont compris le sens du mot justesse, et c'est ce qui caractérise Tellement proches.
Fable d'un quotidien familial, Tellement proches file à la vitesse de la lumière tant on se fond dans la vie d'Alain (Vincent Elbaz), ancien animateur Club Med, qui du haut de sa proche quarantaine, galère un peu dans sa vie ; son fils Lucien semble souffrir d'hyperactivité, son couple bat de l'aile, il n'a pas de boulot, et par dessus-tout, sa belle-famille intrusive le rend dingue.
Il faut dire qu'elle est "belle", la belle-famille ; entre le beau-frère, avocat raté et sa femme ne vivant que pour étaler leur "réussite" éducationnelle aux autres, sa belle-soeur en mal d'enfant s'éprenant du premier-venu, son propre père refusant de vieillir, il ne sait plus où il en est.
En début de film, la scène du repas de famille témoigne et donne le ton à l'ambiance régnant tout au long du film : une véritable comédie témoin de ces instants que l'on a presque tous vécu, ces moment parfois drôles, parfois gênants, souvent gonflants, des repas interminables dans lesquels on se juge, on se jauge, on se hait, mais on s'aime avant tout, et bien souvent sans le réaliser.
Allant plus loin encore que la simple fresque familiale, Nagash et Toledano jouent avec les thèmes de la différence, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, sans jamais que cela ne tourne au cliché comme on peut si souvent le voir dans les comédies françaises. Un exemple ? Allez : Dans une cité quelconque, une grand-mère arbitre un match de ping-pong entre Alain et son beau-frère avocat, tandis qu'un groupe de jeunes de banlieue regardent, commentent, et s'offusquent avec respect que mamie les "laissent sur la touche". Dans la société qu'ils dépeignent, une religion, une couleur de peau, une origine sociale, un âge, tout ça nous différencie et nous rapproche. Ce ne sont que des notions, et les instants de vie qu'ils nous offrent nous réconcilient immédiatement avec l'humanité. Parce que pour eux, c'est TELLEMENT FACILE.
Servi par un casting honorable, Tellement proche se démarque également de bien des comédies françaises par sa justesse et ses émotions vraies. On passe sans vergogne du rire à la frustration, de la colère aux larmes en un clin d'oeil... Parce que tout ça, c'est TELLEMENT VRAI.
C'est ma troisième fois, et pourtant, je ne peux m'empêcher de verser une larme à la fin.
C'est TELLEMENT BON.