Soudain le vide
Il y a quelques années, Saint Laurent se payait les marches du Festival de Cannes en co-produisant Lux Æterna de Gaspar Noé, coquille vide qui permettait néanmoins à la marque de s’offrir un joli...
Par
le 17 août 2023
24 j'aime
La famille Bilbao est placée sous le signe de la débrouille. Sortant tout juste de prison, Iván devient prêteur sur gage, quand il ne « surveille » pas des voitures devant les boîtes de nuit. Il vit avec sa femme, Yamila, et la fille de cette dernière, Luz. Yamila fait la comptabilité de son mari tandis qu’elle attend un deuxième enfant. Si Iván reste toujours tendre avec Luz, il a des rapports compliqués avec sa famille. Son tempérament est intrinsèque à son business : sa réputation le précède, personne n’a envie de se frotter à quelqu’un d’aussi imposant. Dans les milieux difficiles, la virilité exacerbée est un mécanisme de survie.
Car derrière cet amas de muscles se cache une fragilité certaine. Iván a le physique d’un ancien obèse et la colère de l’enfant harcelé. Plusieurs fois il se vante de faire peur, de s’être vengé de tous ceux qui le faisaient souffrir. Cette colère se manifeste à travers plusieurs disputes virulentes dans lesquelles il se montre particulièrement cruel : il renvoie sa femme à la violence de son ex-copain, sa mère à sa précarité, son père à son statut d’orphelin. Ces scènes sont puissantes car Iván n’est pas idéalisé, c’est un homme comme un autre qui souffre et qui fait souffrir ses proches.
Loin de tout regard moralisateur ou romantique, Pedro Speroni fait des Bilbao une représentation du peuple dans son ensemble : ceux qui subissent leurs conditions de vie sans se laisser abattre, qui sont imparfaits, qui se débrouillent comme ils peuvent. Et puis apparaissent quelques moments de grâce ponctuels, lors d’une échographie ou d’un moment passé en famille. La vie, ni plus ni moins.
Créée
le 10 mai 2023
Critique lue 24 fois
Du même critique
Il y a quelques années, Saint Laurent se payait les marches du Festival de Cannes en co-produisant Lux Æterna de Gaspar Noé, coquille vide qui permettait néanmoins à la marque de s’offrir un joli...
Par
le 17 août 2023
24 j'aime
Même en tant que rédacteur amateur d’un blog à très faible audience, décider de consacrer un article à Unplanned est loin d’être anodin : dénoncé depuis plus de deux ans comme un nanard de propagande...
Par
le 16 août 2021
14 j'aime
2
Les gamers le savent, un serveur peut fermer à tout instant et les joueurs se déconnecter à jamais du jour au lendemain. Les civilisations laissent des traces, les familles abandonnent des photos. À...
Par
le 27 avr. 2023
13 j'aime