Les films japonais traitant de la conception du mariage traditionnel Japonais sont assez récurrents dans le paysage cinématographique actuel. The Housewife prend le parti de la femme au foyer, pour décrire les tensions qui s'exercent entre le devoir de mère et les envies de travail émergentes depuis plusieurs décennies.
Si Yukiko Mishima propose un portrait moderne de la femme, la narration patauge dès le début dans un récit inversé. Les 30 premières minutes sont assez molles avec clairement un flou permanant qui se dégage progressivement au moment de la rencontre amoureuse.
La mise en scène elle aussi ne s'illustre que très peu et la lumière ne jaillit qu'a partir d'une scène dans une voiture sous les airs de Jeff Buckley. A partir de ce moment la, on commence a voir pointer une véritable identité la ou jusqu'à présent le film était d'une banalité.
L'heure qui suit est d'une grande qualité, narrant de manière convaincante la perpétuelle quête d'une jeunesse perdue que deux amants souhaitent retrouver. La pellicule nous propose de jolis plans, tantôt du néon rouge, tantôt de la pellicule blanche duveteuse élégante. On est transporté dans ce Japon et ce monde du travail autour de l'univers de l'architecte qui symbolise plutot bien cette nouvelle génération de travailleur qui, plus modernes, se détache des vieux dictâtes Japonais caractérisés par le machisme de Shin, le mari de Toko.
La passion amoureuse entre Toko & Kurata atteint son paroxysme lors de deux scènes érotiques qui résument plutôt bien le film : la première d'une crudité dérangeante, sans charme, pas assez bestiale pour être charnelle. La caméra se met a trembler frénétiquement ce qui créer un véritable sentiment d'incompréhension.
Pourtant, plus tard, cette même scène est filmée magnifiquement, emportée par une musique magistrale rendant véritablement hommage a la beauté de l'amour entre les deux amants.
Non sans regrets, le film n'est pas une occasion manqué. C'est un écho a une réalité complexe qui est celle de la stabilité du couple Japonais au XXI ème siècle. Dommage que les lourdeurs scénaristiques et les quelques (trop) longues scènes viennent polluer un récit pourtant bien servi par une mise en scène de qualité et quelques plans visuellement superbes.
Un baiser volé qu'on aurait aimé être plus savoureux