Heroin.
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Croyez-le ou non, c’est l’accent de Kelly Macdonald qui m’a donné envie de revoir ce film que je n’avais pas revu depuis une bonne vingtaine d’années (big up à l’asso Cinémaniacs). Et croyez-le ou non, j’ai trouvé ça encore mieux qu’à l’époque.
On suit le jeune Rent Boy, toxico notoire des rues d’Édimbourg et sa bande de potes dégénérés. Ça traîne, ça cause et ça cherche surtout comment choper de la dope, voire, éventuellement, comment s’en sortir.
Fin de siècle, fin des illusions. Ces années 1990 nous auront montré à quoi ressemble le chaos d’une société nihiliste fondée sur l’effondrement des idéologies du XXème. Ne pas vivre comme ses parents c’est avoir une vie moins ordinaire (tiens tiens) et finalement moins longue. Cette chronique du désespoir, toute nordique comme peut l’être le cinéma belge à sa manière, rit de la mort et s’échappe en courant. Et si la drogue c’est cool, c’est juste parce que le reste ne l’est pas. Ainsi, les séances de shoot exposent en long, en large et surtout de travers la fuite en avant. On sera saisi par la légèreté d’affichage et la gravité du fond autant que par ces scènes totalement hallucinantes (la mort du gosse par exemple). Dans ce marasme, Rent Boy se débat pour sortir de la boue et de son milieu. C’est bien sûr la mise en scène qui frappe en premier lieu. Boyle, cinéaste choc plus que chic, sait montrer les obliques, manier les effets et en faire trop, juste comme il faut quand on ne l’attend pas. Le cut est sauvage et les couleurs sont aussi chatoyantes que cradingues. On abuse du fish eye autant qu’on joue avec la profondeur de champ. La réponse des interprètes est au diapason et on ne pourra probablement pas dissocier McGregor de ce rôle fondateur (oui, même quand il jouera un maître Jedi) et idem pour Robert Carlyle. Tous sont habités par le vide qu’ils incarnent. Et cerise sur le gâteau, c’est par son accent que j’ai reconnu la jeune Kelly Macdonald, c’est bien ça la magie écossaise.
Au final, on pourra admettre que le film a vieilli. Ou plutôt que le temps a passé depuis son époque. Reste qu’on voudrait voir plus souvent des films aussi vivants, surtout quand il s’agit de montrer la mort, soit l’excès de vie. Vraiment, il y a des films uniques et celui-ci en fait partie.
>>> La scène qu’on retiendra ? LA scène ? N’en choisir qu’une seule et unique ? Allez, la plongée dans les chiottes parce que BEURK.
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Créée
le 1 mai 2024
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