« Non seulement Dieu joue aux dés mais il les jette parfois là où on ne peut les voir. » En réponse à la célèbre citation « Dieu ne joue pas aux dés » d'Albert Einstein, Stephen Hawking s’est très tôt imposé dans le paysage cosmologique, lui qui prône déjà des idéaux très (dé)raisonnables, lui qui est à tout juste vingt ans clairement en avance sur son temps. Lorsque l’on connaît un tant soi peut le personnage, il peut être surprenant de ne le découvrir au cinéma que 51 ans après son entrée dans la célèbre université de Cambridge. Si « Hawking », un téléfilm diffusé sur la chaîne BBC en 2004, se concentrait principalement sur la réalisation de ses théories, « The Theory of Everything » se fédère d’avantage sur l’humain et sur sa relation avec le monde qui l’entoure aussi unique et complexe soit-elle. James Marsh ne laisse pas place à l’improvisation et calibre parfaitement bien son biopic qui donne à voir et à apprendre sans tourner dans le pathos. Les années passent, les difficultés se multiplient, et pourtant, l’homme garde une foi implacable en l’élaboration de formules défiant toute « morale éthique ». Cette fabuleuse histoire d’amour entre Hawking et sa femme Jane, un couple uni bien au-delà du subconscient collectif, n’est pas étrangère à cette incontestable réussite sur la vie, le temps étant clairement l’ennemi de chacun d’entre nous. Eddie Redmayne et Felicity Jones donnent énormément au film, leur performance méritant très certainement une distinction toute particulière. Quand au reste, incroyablement bien soigné (décors et costumes d’époque plus que séduisants), il participe à l’enracinement de ce biopic au coeur même du panthéon du septième art. Chamboulant, attrayant, formateur, crève cœur, émouvant, « The Theory of Everything » démontre qu’il n’est pas nécessaire de courir après le temps à la seule condition de lui consacrer son énergie, sa dévotion, et le plus important : une passion éternelle.