Si la comédie érotique italienne a connu son heure de gloire dans les années 70, on associe rarement le nom de Mario Bava à ce genre. Pour cause, "Quante volte... quella notte" est la seule qu'il a tourné.
Il s'agit d'une version polissonne du "Rashomon" de Kurosawa. Après un rendez-vous galant, une superbe jeune femme rentre chez sa mère, la robe déchirée. L'homme revient vers ses amis, une blessure au front. Que s'est-il passé cette nuit là ? Nous aurons le droit à plusieurs versions, très disparates.
La première n'a rien de sexy ni de drôle (et encore moins vue d'aujourd'hui !), puisqu'elle présente une tentative de viol, façon cinéma italien macho des 70's, avec option gifles. Les autres sont beaucoup plus légères.
Honnêtement, outre la première, les variations sont amusantes, dans le sens où les personnages ont des partitions très éloignées à jouer. Et clairement, la cohérence scénaristique n'est pas de mise. En témoigne la version du gardien d'immeuble, qui a épié nos tourtereaux avec des jumelles... et qui est capable de décrire ce qui se passe dans des pièces attenantes, de répéter des dialogues, et même d'expliquer des flashbacks !
Etant donné que nous sommes dans une comédie érotique, tout est bon pour dénuder nos héros (enfin surtout mesdames...). Les prétextes sont là encore faibles scénaristiquement, mais il faut avouer que la gent féminine est ici particulièrement charmante. Dont Daniel Giordano, ex-miss Italie qui connaîtra une carrière au cinéma.
Dans tout ceci, il y a une vague réflexion sur la notion de vérité et de perception, mais cela reste très léger, dans le fond comme la forme.