Ce film a demandé plusieurs visionnages à l’admirateur sans bornes (ou presque) que je suis de la série Utena :
1er- Ne pas réussir à se détacher de la série et chercher à faire des liens où il n’y en a pas, en être décontenancé (mais pourquoi diable Himemiya est aussi expansive ?!!) et l’être encore davantage une fois confronté à la fin du film. Adolescence of Utena est visuellement fabuleux mais ne m’a pas apporté ce que j’en attendais et m’a du coup laissé perplexe.
2nd- Savoir de quoi il retourne, adorer cette relecture de l’univers et de certains personnages sans encore réussir à totalement me détacher de «Je préfère la série» qui me font encore passer à côté de la logique interne du récit et bien qu’accueillant la fin de manière plus bienveillante, reste tout de même mitigé.
3eme- Le regarder ENFIN comme un film autonome avec le confort du terrain connu, découvrir la foule de détails tout au long du film qui font sens quand on connaît le rôle et/ou destin des personnages. Etre gagné par l'émotion à plusieurs reprises et retomber une nouvelle fois amoureux de cet univers et de ses personnages. Et surtout, SURTOUT, trouver ce final motorisé absolument fabuleux : épique, cohérent, plein d’émotion, raccord à l’esprit de la série et sans la moindre trace de scepticisme (et ça je ne l'aurais jamais cru). Se retrouver à faire assez de place dans son coeur pour la série ET le film. Se dire que la mise en scène est absolument fabuleuse (bon ça, même lors du premier visionnage, difficile de passer à côté) et que, sans que je ne l'ai compris de prime abord, ce film était exactement ce que j'attendais d'Utena (et surtout Anthy).
Alors okay, Ikuhara m’a peut-être conditionné à ses délires/mise en scènes/thématiques depuis ma petite enfance avec Sailor Moon, que je suis du coup quasi vendu par avance à ses productions mais punaise, difficile de nier qu’il y a un savoir-faire indéniable du fond comme de la forme. Je pourrais parler des heures de la cohérence des personnages au regard du message et de leur vécu (fonctionne aussi pour la série) de la mise en scène, des cadrages, des symboliques, des décors, de la gestion des couleurs, gestuelles et expressions faciales, du rythme, des transitions entre les scènes, du travail sur le son que ce soit l'OST ou de l'accompagnement sonore général, de la beauté inouïe du film etc etc.
Je m'en veux presque d'avoir mis tant d'années à véritablement rencontrer et follement aimer ce long-métrage mais me félicite dans un même temps de l'avoir enfin apprécié à sa juste valeur.
J’adorerai revoir Ikuhara aux manettes d’un long-métrage - mais à défaut, je souhaite très très fort qu’il annonce un nouveau projet tout prochainement.