Un carbonaro échappé d'une forteresse trouve refuge dans la demeure d'un noble italien avec la fille duquel, la belle Vanina, il vit une passion amoureuse.
Rossellini transpose le romantisme stendhalien dans un film qui évoque, un peu, une page de l'Histoire italienne -la lutte des carbonari et la répression du pouvoir assisté du clergé- et, beaucoup trop, une histoire d'amour compliquée par sa clandestinité d'une part, et par l'engagement politique total de Pietro, d'autre part.
Vanina, virginale et pieuse, et Pietro, courageux et idéaliste, purs héros stendhaliens, sont devant la caméra de Rossellini deux amants insupportables et stéréotypés, figés dans une affectation ultra-romantique grotesque. Leurs tourments sont indifférents ou pénibles tant les idées qui les déterminent sont des poncifs excessifs du romantisme. La composition de Sandra Milo et de Laurent Terzieff est à l'avenant, hors d'âge et emphatique.
Le film, engoncé dans ses costumes d'époque ostentatoires, n'est pas davantage intéressant lorsque l'Histoire, entre deux scènes avec nos amants torturés, reprend ses droits. Lacunaire et anecdotique, d'autant qu'elle n'est pas la préoccupation du réalisateur, elle n'offre pas beaucoup d'enseignements à propos de cette période trouble et méconnue de l'Italie.
Notons enfin que Martine Carol, victime du montage final, disparait quasiment du film.