L'Italie a le giallo et nous les chialeurs chiants.
Je suis fan de cyclisme (je n'ai jamais eu l'occasion de voir un français gagner le tour de France) et amateur de film de genres, donc je souffre d'être patriote. Il a fallu que je m'intéresse à tout ce que les français loupent régulièrement. Mais ce documentaire est-il vraiment utile?
Le documentaire parle du grand-guignol et de Méliès et montre la situation de la "nouvelle nouvelle vague" française un siècle plus tard beaucoup moins acclamée. Notons qu'il n'est pas question des ratages passés : Jean Rollin, Eurociné... qui ont énormément contribué à la faible popularité du cinéma d'horreur made in France.
Le gros problème du documentaire, c'est qu'il laisse l'occasion à tous ces frustrés de chialer contre le système et de raconter des mensonges éhontés pour amoindrir leur responsabilité :
- en France on n'aime pas les films de genre (sauf que tous les grands réalisateurs étrangers sont acclamés principalement en France; voir par exemple le mot de Carpenter : "En France je suis un auteur [...] et aux Etats-Unis un raté." )
- si Leone et Bava ont faits de bons films c'est grâce à une grande production de westerns et de gialli (faux, ils étaient des précurseurs et tout les autres les ont suivis).
- Le "cinéma de genre" c'est l'horreur et le fantastique, et rien d'autre. Par exemple, beaucoup de polars (parfois ultra violents) se font en France et ont du succès.
- On n'a pas de sous (sauf à l'exportation mais si cela peut attendrir des investisseurs...)
- Et j'aime bien la posture "on veut foutre en l'air le système mais on veut qu'il nous soutienne!"
Le documentaire montre (trop) des extraits de ces films mais sans véritable critique (juste les spectateurs au début et un peu de regrets de certains (pas tous! faut pas déconner non plus!) réalisateurs. En tout cas ils ne me donnent pas envie de voir ces films.
Ces réalisateurs semblent chercher l'effet choc mais pas chic, avec des scènes gores à profusion et rien d'autre à côté : peu de messages (Romero) ou de recherche esthétique (Fulci). C'est gore mais surtout moche.
Sinon j'ai été scotché par "Richard J Thomson" et sa bande de bras cassés : je croyais qu'Eurociné était mort. Et ben non la mentalité du "J'ai un budget de film de merde donc je fais de la merde" vit toujours et personne n'a fait attention à un barbu néo-zélandais qui a fait un film Z rigolo pour lancer une grande carrière (avec 11 oscars pour un film...)
Le seul vrai grand point positif du film est l'explication du système de financement des films en France.