le film de trop
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le 30 août 2011
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Billy Wilder voyait en Fedora une possibilité de clore en beauté sa carrière. Seulement, son acteur et ami Walter Matthau ne voyait que lui pour écrire et réaliser un remake de L'emmerdeur, d'après un scénario de Francis Veber, que la MGM a payé une fortune. L'occasion, pour une fois, de faire un film sans se battre contre Hollywood, pour une fois, et où on lui donne sur un plateau ses acteurs fétiches, l'inévitable Jack Lemmon en sus.
Pour l'histoire, c'est peu ou prou la même que dans L'emmerdeur, à savoir un tueur à gages situé dans un hôtel qui est constamment importuné par un homme dépressif, et voulant se suicider parce que son épouse l'a quitté.
On y retrouve le gag de la tuyauterie, et cet aspect pièce de théatre, ce qui était le scénario de Francis Veber à l'origine, dans le sens où ça se passe essentiellement dans l’hôtel. Il y a quelques subtiles différences, comme une visite dans une conférence parlant de sexualité, en particulier d'orgasme et d'éjaculation précoce ; difficile de ne pas y voir une volonté de la part de Billy Wilder de choquer le spectateur en parlant aussi ouvertement de sexe. Sauf qu'en 1981, celui-ci en a déjà entendu des vertes et des pas mures lors du Nouvel Hollywood : c'est un peu le syndrome de l'auteur dépassé par son temps qui se voit pas mal ici. Du coup, les meilleures scènes sont celles où il y a le duo Jack Lemmon (dans le rôle de Jacques Brel) et Walter Matthau (Lino Venture), car on sent la connivence entre les amis qui fait parfois mouche. D'ailleurs, on croise aussi Klaus Kinski dans le film.
La fin, diffère de celle du film d'Edouard Molinaro, où les deux personnages finissaient en prison ; ici, ça se passe dans les îles, et elle semble complètement improbable.
Je considère Billy Wilder comme un génie, et si je voulais tant voir Buddy Buddy depuis des années, c'est aussi à cause de sa réputation désastreuse. Sans aller à la provocation, je ne suis pas très fan de L'emmerdeur, que ce soit la version de Molinaro ou celle de Veber (dont c'est aussi son dernier film !), et je pense que celle-ci me convient mieux, même si ça ne vole pas très haut. Mais avec une telle œuvre, dont le précédent, Fedor, qui est un chef d'oeuvre, Buddy Buddy est bien le moins bon de tous, mais Billy Wilder a tellement grimpé l'Everest qu'il peut avoir du mal à grimper une colline.
D'ailleurs, l'échec du film sera tel qu'il stoppera sa carrière, et qu'il ne sortira pas en salles en Frances, renommé en vidéo sous le titre Victor la gaffe !
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Créée
le 10 juin 2020
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