Dans Viet and Nam, Trương Minh Quý signe une œuvre où chaque image murmure, chaque silence raconte. Le film, loin de l’agitation cinématographique contemporaine, se déploie dans une lenteur magnétique, où le temps semble se suspendre pour permettre à la poésie et à la sensibilité des deux personnages de s’épanouir. Viet et Nam, ces âmes errantes et fragiles, nous invitent à un voyage aussi introspectif que charnel, où l’intimité devient le théâtre d’une douce résistance face au monde extérieur.
Le scénario, d’une sobriété désarmante, n’est jamais dans la surenchère narrative. Tout repose sur l’épure : des dialogues rares mais denses, des gestes simples mais empreints de sens. Cette économie de moyens s’associe à un montage qui respire, laissant aux spectateurs le temps d’habiter chaque instant, chaque regard échangé. Le film ne nous demande pas d’être spectateurs passifs ; il exige une attention pleine et entière, presque méditative.
Visuellement, Trương Minh Quý excelle à capturer la beauté fugace des décors, ces lieux qui deviennent des écrins pour les émotions des personnages. Les espaces, qu’ils soient ouverts ou confinés, dialoguent avec Viet et Nam, offrant une géographie intime où le désir et la solitude cohabitent. Chaque pièce, chaque recoin, chaque jeu de lumière participe à cet érotisme délicat, jamais ostentatoire, qui traverse le film. On ressent le poids des murs, la douceur d’un drapé, la moiteur d’une chambre en été. Tout dans l’image suggère, effleure, caresse.
Mais ce qui touche le plus dans Viet and Nam, c’est cette manière qu’a le réalisateur de nous faire ressentir l’intériorité de ses personnages. Viet et Nam ne sont pas que des corps filmés ; ce sont des âmes mises à nu, où chaque émotion semble venir d’un lieu profond et sincère. Il y a une pudeur dans leur dévoilement, mais aussi une confiance : celle de savoir que le spectateur est invité à voir, mais surtout à ressentir.
En sortant de ce film, on n’a pas seulement l’impression d’avoir assisté à une œuvre de cinéma ; on se sent un peu transformé, comme si Trương Minh Quý avait déposé en nous une part de sa poésie et de sa sensibilité. Viet and Nam est un murmure qui résonne longtemps après, un rappel de la puissance de l’intime et de la beauté du silence.