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Petit avis en vrac.
Alors je ne sais pas si c'est une déprime hivernale ou ma sensibilité qui est particulièrement aiguisée pour le moment, mais y'a des films qui font mouche direct.
Avec Vingt Dieux ça chipote pas, on rentre direct dans le réel et la beauté de ses tristes situations.
En résumé c'est l'histoire d'un jeune des campagnes de Franche Comté à qui il arrive moult mésaventures dramatiques mais qui s'en sort plus ou moins grâce à l’honnêteté, l'entraide, l'amour et les copains. On plonge dés le début dans la rudesse du monde agricole, de celui qui se taule à l'infini à boire des canons tous les week-ends et qui fait beaucoup parler le silence.
La photographie est incroyable, le récit est dynamique, parfois trop rapide, impossible de s'y ennuyer une seconde et c'est peut-être le seul point négatif que j'ai pu y trouver. Certes il y a un peu de romance.. Où est l'état quand les enfants sont livrés à eux-mêmes ?
Mais c'est seulement pour appuyer l'idée que quand tu galères, l'aide tu la trouves chez tes pairs sinon tu morfles en silence.
Et puis, ce qui fait sa richesse c'est qu'on peut voir ce film sous différents angles :
Celui de la lutte des classes avec les sous-traitants et les petites mains qui sont exploitées par une industrie florissante et bourgeoise, ici celle du Comté. La scène de la dégustation est mythique ! Et une lutte des classes un sein même du monde agricole avec des inégalités qui transparaissent quand petits et grands agriculteurs se frittent.
Un angle historique, avec la création des AOP face à la méthode ancestrale ne subsistant que de manière folklorique pour amuser les touristes.
Un angle plus féministe avec comme dans le réel, des femmes qui gèrent le business, qui font vivre les traditions ou des jeunes femmes qui n'ont pas froid aux yeux et qui n'hésitent pas à exprimer leurs désirs, et parfois bien mieux que les hommes, contrairement à ce que l'idéologie patriarcale distille comme biesseries.
Un angle familial et économique avec les difficultés que vivent les familles mono-parentales.
Un angle estival même ! Ah purin mais qu'est ce que ça fait du bien de regarder un film qui se passe dans la moiteur de l'été alors qu'on se les caille en plein hiver et que la nature est tristounette.
Bref ça fait beaucoup d'angle pour un film qui roule tout en douceur et poésie.
Préparez vos mouchoirs et foncez y, Vingt Dieux c'est beau comme la vie !
Créée
le 17 déc. 2024
Critique lue 13 fois
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