Un premier long-métrage en région avec des acteurs non professionnels, c'est pas évident à mener. Ce n'est d'ailleurs pas un exercice auquel énormément de réalisateurs se sont collés par le passé.
Et tout à coup il y a Louise Courvoisier qui se ramène avec son Jura, son comté et ses histoires de cunni et ça marche à merveille à l'écran. Elle choisit de filmer ces gens de près mais c'est toujours fait avec douceur et beauté. C'est un détail qui peut paraitre insignifiant mais la façon dont le soleil ressort à l'écran, ou même la brume dans l'air à l'aube dans le film, on a envie de se baigner dedans.
Le film suit un schéma narratif assez classique mais évite les facilités dans la façon de le dérouler. En effet on s'attarde longuement sur des choses que bien des scénaristes auraient mis de côté, des moments où les personnages passent une soirée à danser ou la fabrication du fromage par exemple. Ce n'est pas facile de rendre ça palpitant mais là ça marche. J'ai adoré aussi le personnage de la petite sœur parce que c'est rare qu'on voit ce genre de gamins à l'écran : elle ne parle pas beaucoup et est futée en même temps, sans tomber dans le cliché de l'enfant de cinéma qui ne réagit jamais comme un gosse.
J'ai beaucoup aimé ce côté naturel, même si ça ne réinvente pas la roue. C'est un joli regard sur des gens qu'on montre assez peu au cinéma et sans tomber dans la caricature ou le pathos surtout.