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Lords of War
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le 11 sept. 2016
L'histoire de Efraim Diveroli et David Packouz est fascinante et révèle une série d'événements qui se sont déroulés en pleine guerre d'Irak. En utilisant des failles dans le système de passation de marchés de l'administration Bush, ces deux jeunes hommes ont réussi à monter un trafic d'armes très lucratif. À l'époque, le gouvernement américain cherchait à encourager les petites entreprises à s'impliquer dans les contrats de défense, ce qui a créé un environnement propice à l'émergence de ces entrepreneurs peu conventionnels.
Dans un article publié par Guy Lawson dans le magazine Rolling Stone, il décrit comment Diveroli et Packouz, qui ne possédaient qu'une petite société basée à Miami Beach, ont profité de cette politique en s'improvisant négociants en armes. Leur entreprise, AEY Inc., était pratiquement insignifiante, mais ils ont su exploiter les lacunes du système pour obtenir des contrats juteux. Guy Lawson souligne le contraste entre la légèreté de leur mode de vie, souvent passé à traîner dans leur studio avec une pipe à eau, un ordinateur et un téléphone portable, et la gravité des transactions qu'ils menaient, impliquant des armes destinées à des zones de guerre.
Leur aventure illustre à quel point l'absurde peut coexister avec le sérieux dans le monde des affaires et de la guerre, et cela soulève des questions éthiques sur la façon dont la réglementation peut être contournée par des individus motivés par le profit. L'ascension de Diveroli et Packouz dans le monde des armements met également en lumière les risques et les conséquences que peuvent engendrer de telles actions, surtout lorsque des armes tombent entre de mauvaises mains. Le récit de leur parcours, ponctué par des décisions douteuses et des péripéties inattendues, capture l’essence même de l'ironie et du cynisme qui caractérisent souvent les récits liés aux conflits modernes.
Mark Gordon, un producteur réputé, a découvert l'article de Rolling Stone sur Efraim Diveroli et David Packouz lors d'un vol en avion, et cette lecture a immédiatement capté son attention. Selon ses propres mots, il était stupéfait par le récit et a réalisé qu'il y avait tous les ingrédients nécessaires pour un film captivant. Gordon a été particulièrement attiré par le fait que le public est friand de récits où des personnages, souvent improbables, parviennent à déjouer le système établi, même si cela se solde par des conséquences sévères.
L'ironie de cette situation est que Diveroli et Packouz, deux jeunes hommes à première vue ordinaires, avaient réussi à orchestrer une escroquerie d'une envergure qui semblait réservée à des acteurs bien plus chevronnés dans le monde des affaires. L'histoire de leur ascension fulgurante dans le monde du trafic d'armes, suivie de leur chute inévitable, est non seulement fascinante, mais aussi riche en tensions dramatiques et en moments d'humour noir.
Mark Gordon a su voir dans ce récit non seulement le potentiel d'une comédie dramatique, mais aussi une réflexion sur les failles d'un système qui permet à des amateurs de prendre des risques extrêmes. En mettant en lumière des personnages apparemment peu susceptibles de réussir dans un domaine aussi dangereux, le film devient un miroir de l'absurdité et de l'imprévisibilité de la vie.
Todd Phillips a été naturellement choisi pour écrire et réaliser le film, un projet qui semblait parfaitement aligné avec son style et son expertise en matière de comédie dramatique. Avec ses antécédents, Todd Phillips avait déjà démontré sa capacité à traiter des sujets controversés avec un mélange d'humour et de gravité, ce qui en faisait un candidat idéal pour ce récit inspiré d'événements réels.
Sorti en 2016, War Dogs suit donc l'ascension tumultueuse d'Efraim Diveroli et David Packouz dans le monde du trafic d'armes, tout en illustrant les contradictions et les absurdités de leur entreprise.
Todd Phillips utilise plusieurs astuces de mise en scène qui témoignent de son admiration pour le style de Martin Scorsese, notamment celui de The Wolf of Wall Street par exemple. Une des techniques remarquables qu'il emploie est le montage dynamique, souvent caractérisé par des transitions rapides et des cuts abrupts qui amplifient l'énergie des scènes, rappelant le rythme effréné des films de Scorsese.
De plus, Todd Phillips utilise des voix-off pour donner une profondeur psychologique aux personnages, notamment celle d'Efraim, qui guide le public à travers les méandres de son ambition et de ses réflexions. Ce procédé, très prisé par Martin Scorsese, permet de créer une connexion intime entre le protagoniste et le spectateur tout en dévoilant ses motivations et ses conflits internes.
Le réalisateur s’inspire également de la mise en scène iconique des scènes de fête et de débauche. Les séquences où Efraim et David plongent dans le monde des armes sont accompagnées d'une bande sonore énergique et d'une caméra mouvante, plongeant le public dans l’excès et le chaos qui entourent leurs aventures. Todd Phillips maîtrise également ses plans-séquences, comme dans les films de Martin Scorsese, où la caméra suit les personnages à travers des environnements luxuriants et parfois dangereux, renforçant l'immersion et l'intensité de l'expérience cinématographique.
Enfin, le jeu sur les éclairages et les couleurs, particulièrement lors des scènes plus sombres, rappelle le style visuel stylisé de Martin Scorsese. Les néons, les ombres et les éclairages contrastés créent une atmosphère qui reflète à la fois la gloire et la décadence du monde dans lequel évoluent les protagonistes, donnant au film une tonalité à la fois fascinante et inquiétante. Ces éléments, à la fois subtils et évocateurs, montrent que Phillips n'hésite pas à puiser dans l'héritage cinématographique de Scorsese pour enrichir sa propre narration.
Les performances de Jonah Hill et Miles Teller sont essentielles à la dynamique du film et illustrent parfaitement leurs personnages respectifs. Jonah Hill, qui incarne Efraim Diveroli, adopte un style flamboyant qui évoque le personnage de Tony Montana. Dès le début du film, son allure, marquée par des survêtements tape-à-l'œil, des accessoires de grandes marques comme Gucci et Versace, ainsi que des montres luxueuses, accentue son ambition démesurée et son aspiration à la richesse et au pouvoir. Jonah Hill parvient à capturer l'extravagance d'Efraim, qui se voit lui-même comme un caïd romantique, et sa performance oscille entre le charisme irrésistible et la vulnérabilité, rendant le personnage à la fois fascinant et tragique.
D'un autre côté, Miles Teller, qui joue David Packouz, incarne le contrepoint nécessaire à l'enthousiasme flamboyant d'Efraim. Avec un style plus sobre et terre-à-terre, Teller dépeint David comme la voix de la raison au sein du duo. Son attitude pragmatique et son apparence plus modeste soulignent les différences fondamentales entre les deux hommes, permettant au public de ressentir les tensions croissantes entre leurs visions respectives de l'aventure qu'ils mènent. La performance de Teller est marquée par une nuance qui montre son dilemme intérieur face aux choix éthiques et moraux qu'il doit affronter. Ensemble, Hill et Teller créent une chimie palpable qui enrichit le récit et illustre comment des personnalités opposées peuvent se compléter tout en s'entraînant mutuellement dans une spirale de danger et de folie.
Bien que Cliff Martinez soit responsable de la composition originale de la bande sonore, ce sont les choix musicaux qui véritablement dynamisent le récit et ajoutent une dimension captivante à l'expérience. Le film est ponctué de morceaux soigneusement sélectionnés qui résonnent avec l'énergie et l'irrévérence des personnages, renforçant ainsi l'atmosphère décontractée tout en soulignant les moments de tension. Les morceaux, allant de classiques du rock aux hits contemporains, accompagnent les scènes d'action et les moments comiques avec une telle justesse qu'ils deviennent presque des protagonistes à part entière. Ce choix musical efficace et percutant contribue à ancrer le film dans son époque, tout en illustrant les hauts et les bas de l'ascension des protagonistes dans un monde rempli de danger et d'opportunités.
War Dogs se distingue par son approche à la fois divertissante et cynique de l'ascension fulgurante d'Efraim Diveroli et David Packouz dans le monde des affaires d'armement, offrant une perspective originale sur l'absurdité du rêve américain. Todd Phillips, tout en s'inspirant du style de Martin Scorsese, crée un film plus léger et accessible, privilégiant l'humour et l'irrévérence au sérieux et à la gravité souvent présents dans les œuvres de Scorsese. Les performances brillantes de Jonah Hill et Miles Teller, accompagnées d'une bande sonore entraînante, maintiennent un rythme captivant et une énergie contagieuse tout au long du récit.
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