Il était une fois, David (Matthew Broderick), un jeune Geek, étudiant au collège de Seattle, qui se trouve confronté à des choses qui le dépassent, et qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Pour se sortir de cette mésaventure, il lui faut se servir de tous ses neurones et de toute sa débrouillardise. Nous sommes en 1984, et un an après “Blue Thunder” (“Tonnerre de Feu”) et son hélicoptère de combat muni d’un arsenal informatique high tech, le réalisateur John Badham nous ressert le danger de l’intelligence artificielle, mais cette fois, à travers l’écran d’un simple et inoffensif ordinateur domestique. Bricolée par les soins de David, cette toute nouvelle machine, faisant son apparition dans les foyers de la “Middle Class” américaine, va ni plus ni moins jouer avec la vie de milliards d’êtres humains. Car sans le savoir, David - par le biais d’un programme pirate - vient peut-être de déclencher un cataclysme nucléaire. Une possible troisième Guerre Mondiale est en marche et il se trouve que David est le seul à pouvoir y mettre fin sans dommage. Toute une épopée ! Spielbergien jusqu’à la moelle, l'opportuniste “Wargames” surfe sur l’actualité de l’époque. En effet, le projet “Guerre des étoiles”ou IDS (initiative de défense stratégique) de Ronald Reagan bat son plein. L’ennemi de l’Est n’a jamais été aussi belliqueux. Décidément, la très cinégénique Guerre Froide n’aura de cesse d’inspirer les cinéastes. Les scénaristes en ont bien mesuré toute la portée mercantile. Le récit de “Wargames” donne vie à un méga-computer capable de calculer une infinité d’options possibles en cas d’attaque nucléaire ! Mais ce que le Pentagone n’avait pas prévu, c’est que leur pare-feu volerait en éclats par la simple intrusion d’un adolescent et de son PC, complètement désuet aujourd’hui. Un combat du petit David contre le puissant Goliath, ici la défense américaine, que John Badham nous présente à grand renfort d'acronymes ronflants tels que NORAD ou DEFCON, de décollages de bombardiers, et autres sous-marins en alerte maximale. La toute-puissance étasunienne et ses généraux, décorés comme des sapins de Noël, sont mis à l’amende par un ado surdoué et son jargon algorithmique.
La tension est à son comble, enfin pour les adultes, car David, lui, n’en retient que la partie ludique, car comme son titre l’indique, "Wargames" n’est qu’un jeu entre une intelligence artificielle qui veut faire la guerre et un ado qui aborde le désastre à venir avec la posture innocente d’un simple gamin…
Le choc des générations et la lutte entre l’homme et la machine tournent à plein régime. Tous les ingrédients de la pop culture sont réunis pour que le succès soit au rendez-vous !