Without a Promised Land par Jonathan Asia
Comme ses cousins Boat People, The Roar of the Vietnamese & The Story of Woo Viet; Without a Promised Land traite le theme des refugies Viet-Namiens après la fuite de leur pays.
Un sujet difficile, qui donne souvent lieu à des films poignants et ramènent aux souvenirs de tristes pages de l’Histoire.
Ici, nous sommes invités à suivre la vie dans un camp de réfugiés. Pas de personnage principal à proprement parler, puisqu’une poignée de personnes nous seront présentés : un jeune enfant et sa mère qui se prostitue, un nouvel arrivant, un gang, un homme plus âgé qui tente de préserver la morale… Tout ce petit monde évoluera dans l’univers confine du camp, chacun faisant ce qu’il peut pour y faire sa place et survivre dans ce milieu hostile, où il faut constamment veiller sur ses arrières.
Car au lieu de nous présenter une communauté en souffrance mais unie, le film nous montre une absence d’entraide, où chacun n’hésitera pas à trahir son voisin pour ses propres intérêts.
Entre affrontements et abus, pas le temps de s’ennuyer : l’œuvre regorge de combats violents et réalistes, parfois même cruels. Indissociable des personnages, la cruauté ressort dans plusieurs scènes comme l’humiliation d’une femme qui traverse le camp ou David Lam qui apprend à l’enfant à se servir d’un lance pierre.
Cette lutte pour la survie finira par impliquer les forces de l’ordre, qui elles non plus sont loin d’être honnêtes. Se fichant plus ou moins de ce qui se passe, l’inspecteur en chef se montrera aussi brutal que ceux qu’il tente d’arrêter, outrepassant la loi dans une séquence glaçant le sang.
Dans cet univers où la loi du plus fort est toujours la meilleure, le seul personnage « pur » sera l’enfant, témoin régulier de la déchéance de sa mère, prenant pour modèle un David Lam mystérieux et violent, ne se montrant pas plus recommandable que les autres personnages qui abusent de sa mère à tour de rôle.
Si l’on suit toutes ces «tranches de vie » sans aucun ennui, on pourrait reprocher un montage un peu bancal mais sans cela, Without a Promised Land est un film prenant, sombre, et dépeignant les noirceurs de l’âme humaine.