Dans A plague Tale : Innocence, un jeu d’aventure/infiltration, vous incarnez Amicia, 14 ans et Hugo, 5 ans, deux enfants de nobles en cavale dans une France médiévale rongée par la peste, l’inquisition et la guerre. Autant vous dire qu’on n’est pas là pour cueillir des fleurs (quoique ça fasse partie des différentes choses possibles à collecter) et que l’univers est plutôt sombre.
Par la fronde et la flamme
Niveau gameplay, on alterne entre des phases d’exploration qui permettront à la trame principale de se dérouler, des phases d’infiltration et de puzzle. Amicia dispose d’une fronde en guise d’arme principale et est capable de créer des décoctions alchimiques pour en faire voire de toutes les couleurs aux gardes et aux rats. L’infiltration est très dirigiste et les possibilités sont assez limités, on n’incarne pas un maître assassin ni un super héros, mais une fillette de 14 ans. On se situe plus entre Brothers : A Tale of Two Sons et Styx : Master of Shadow que d’un Dishonnored. Vous devrez jouer avec le feu et la lumière pour éviter les rats et les jeter sur les gardes. Le combat rapproché est inexistant. Je regrette un peu une IA un peu aux fraises. Les gardes sont hyper prévisibles, adorent surveiller les murs et il est relativement facile d’échapper à leur regard grâce à un décor très permissif. Vu nos possibilités limitées, c’est pas plus mal, mais ça coûte un peu au réalisme.
Vous aurez aussi la possibilité de récolter des ressources pour créer des potions (pour allumer et éteindre des flammes, paralyser un garde, attirer des rats, etc…) et améliorer votre équipement. Tout se fait avec les mêmes ressources donc attention à ne pas être trop gourmand. Enfin, vous trouverez des collectibles tout au long de votre aventure, mais de là à parler de jouabilité, même si vous pouvez rejouer individuellement chaque chapitre, on repassera car l’intérêt se trouve selon moi plutôt au niveau narratif.
Inquisitions chez Vermintide
A Plague Tale : Innocence est le conte de deux enfants ayant grandi séparément au château se retrouvant jeté sur les routes boueuses de la France médiévale. Ils devront braver des villes crasseuses infestées de rats et d’inquisiteurs, à la recherche d’une façon de guérir le touchant petit Hugo, rongé par un mal ancien mystérieux. Vous en apprendrez plus sur l’inquisition, sur Hugo et l’histoire de votre famille entre phases de gameplay et cut-scenes. Aidé par une bonne écriture, un très bon doublage (français) et de bonnes animations faciales, il est difficile de ne pas s’attacher aux deux personnages principaux. Si d’autres rencontres seront plus anecdotiques, l’histoire nous tiens en haleine tout au long de l’aventure si bien qu’il sera bien difficile de ne pas vouloir continuer à la fin de chaque chapitre.
Prouesses visuelle
Le jeu est beau, les détails et les visages sont bluffants, les personnages sont réalistes à tel point que je me suis surpris à reprocher à A Plague Tale : Innocence des choses que je n’avais jamais considéré dans d’autres jeux comme ne pas avoir l'air inquiet ou essoufflé après une course poursuite (la rançon du réalisme). On s’arrête parfois dans l’aventure pour contempler une forêt automnale, les jeux de lumière, les visages. On parlerait d’émerveillement si l’univers n’était pas aussi glauque. La musique elle aussi est loin d’être anecdotique : elle nous prend aux tripes dans les phases de tention et nous accompagne majestueusement pendant les phases plus calmes.
Verdict
J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à prendre part à l’aventure d’Hugo et Amicia. Ce jeu, flirtant avec le cinéma est un travail audiovisuel d’artiste. Si je devais chipoter un peu, ce serait sur l’aspect ludique et je mentionnerais un dirigisme un peu trop présent (une aventure en couloir), l’absence de niveaux de difficulté mais surtout le gros point noir pour moi c’est la durée de vie (une dizaine d'heures seulement) du jeu que j’aurais pu facilement pardonner avec un prix de lancement moins élevé.