Dark souls 2, action-action-action-rpg dans un univers med-fan dark. J’ai voulu tenter l’expérience car le jeu était destiné pour les gamers. C’est vrai que ces dernières années, trouver un jeu d’action avec du challenge relève de la gageure. Les assassin’s creed, tomb raider et autres uncharted nivelés pour ratisser un maximum de pig…. de joueurs, charment vite et lassent avec la même célérité. Malgré certains efforts, DS2 peine à prendre son envol.
Attaquons par le cœur du jeu : les combats. Après quelques heures passées à se faire pilonner, on booste son perso et on apprend l’art de la patience, de la rigueur et du tourniquet. Pour la très grande majorité des adversaires, il suffit de se planquer derrière son bouclier et de tourner autour de sa cible, d’attendre le cooldown et d’enchainer comme un wolverine enragé. Une fois assimilé, le jeu déroule sa farandole d’ennemis dans des niveaux souvent linéaires et aboutit à l’inévitable boss. Là encore, on applique la formule, bouclier + tourniquet + cooldown + wolverine = victory !
Si nos premiers enchainements de victoires sont grisants, excitants, on s’enferme à partir de la mi-jeu dans une certaine monotonie. Les niveaux se suivent, on accumule des âmes, on se téléporte au feu pour passer par la case level up et on va casser du boss. La structure bâtarde du jeu, puzzle hétérogène de niveaux accessibles par feux téléporteurs, nuit grandement à l’unité et la cohérence du monde.
L’aspect rpg est plus qu’édulcoré. Les interactions avec les pnj et l’environnement sont extrêmement limitées. Les dialogues sont évasifs, pseudo mystiques. Les pnj semblent plantés au hasard et proposent pour la plupart un simple service de craft ou de vente. Adieu les histoires personnelles, le background, les dialogues, les choix. Je trouve que le principal défaut de DS2 réside dans son absence de choix. A part quelques rares niveaux, le level design se révèle finalement assez linéaire, l’exploration est limitée. Nos choix quant à l’évolution des caractéristiques de notre carcasse est là aussi une illusion. Le choix se résumant à : Corps à corps ou magie.
Après deux parties jouées dans un de ces deux build, les différences de gameplay relèvent plus de la nuance. Dans ma partie chevalier, j’ai trouvé assez tôt l’épée de feu chez mademoiselle salamandre et je l’ai améliorée systématiquement chaque fois que l’occasion se présentait. Elle est efficace contre la quasi-totalité des ennemis rencontrés. Avec une telle variété d’armes, il est dommage que les adversaires ne soient plus variés dans leurs faiblesses.
Concernant les bugs, ils font partie du gameplay et sont pour ma part la principale cause de mortalité. Caméra parkinsonienne, verrouillages aléatoires, système de saut approximatif et surtout gestion des collisions à l’avenant. Ces soucis techniques élèvent artificiellement la difficulté d’un jeu qui aurait pu, sans leur présence, être une fabuleuse ode au combat.
Malgré ses lacunes, DS2 reste un bon jeu. L’exploration est malgré tout stimulante, les combats, mêmes bancals, restent jouissifs et punitifs pour les rusheurs impatients. L’illusion de liberté dans notre gestion d’inventaire et de caractéristiques fonctionne un temps et seuls les plus acharnés tenteront plusieurs parties avec des builds fantaisistes.
Un jeu d’action pour les joueurs exigeant qui veulent s’investir dans un gameplay qui demande rigueur et patience. Pour ceux allergiques au gameplay subtil et nuancé, Assassin’s creed black flag et The last of us sont d’occasion depuis bien longtemps. Bizarrement, les anciens possesseurs en ont eu vite fait le tour…