Voilà.
Je ne verrai pas la fin de Far Cry 3. J'ai décidé d’arrêter.
C'est ça le "problème" avec un beau jeu en open world (en plus sous le soleil et les palmiers) lorsque l'on aime la liberté de mouvement que cela procure... C'est qu'il est facile de continuer à y jouer sans pour autant vraiment être convaincu et captivé par ce jeu.
Shua résume bien ça dans sa critique.
Far Cry 3 est donc une déception pour moi, au vu des bonnes critiques et bonnes notes que je voyais un peu partout. J'ai noté au fur et à mesure des bons et mauvais points que je vous met ici, ça me semble plus clair qu'un long discours :
J'aime :
- L'île est très belle et offre un chouette espace de jeu.
- Bonne prise en main et maniement fluide du personnage.
- La végétation et l'aspect destructible de pas mal d'éléments.
- La propagation du feu dans les champs ou parmi les bâtiments (excellent).
- Certains "petits jeux". J'ai particulièrement aimé pouvoir faire de temps en temps une partie de Texas Hold'em avec les autochtones.
Je n'aime pas :
- Un jeu finalement très linéaire. Si l'île offre un bel espace de déplacements libres hors missions, la storyline est entièrement directive et sans choix possibles. Il faut suivre ce qu'on nous dit de faire, du début à la fin.
- Je déteste les alertes de "sortie de zone de mission", qui empêchent de s'éloigner une fois une mission démarrée.
- Interface désagréable par certains côtés et peu ergonomique pour un PC. On sent un jeu conçu pour les consoles.
- Sauvegardes pas toujours bien placées.
- Les passages en QTE, ce n'est vraiment pas mon truc. J'ai toujours l'impression de jouer à une sorte de "Simon" où il faut appuyer sur les bons boutons dès que l'ordinateur nous dit de le faire (super intéressant :/). Là encore, c'est catastrophique en terme d'immersion.
- Défaut d'un jeu à Storyline linéaire : Il arrive plusieurs fois dans l'histoire que notre personnage fasse des choix qu'on peut trouver totalement absurdes et que l'on aurait jamais fait soi-même... juste pour que l'histoire avance "comme les scénaristes l'ont écrite". C'est toujours frustrant et énervant.
- Enfin... le personnage de Jason Brody (que l'on joue) est assez antipathique.
A ce sujet je trouve d'ailleurs dommage que lors des séquences de dialogue de la Storyline, on continue de parler comme un jeune adulte riche immature et énervé (que l'on est au départ)... alors qu'on passe son temps à tuer des gens par dizaines... dont une bonne partie au corps à corps, au couteau. Une expérience assez traumatisante dont je ne crois pas deux secondes qu'on puisse sortir en restant ce type de personne.
Soit on prend une certaine distance/recul et on se construit une carapace (voir les soldats au retour de conflits)... soit on devient dingue. Mais on reste difficilement un "Jason Brody" qui s'énerve pour un rien et semble incapable de se contrôler (avec ce tempérament, dans les situations qu'il rencontre, il ne tiendrait pas deux heures avant de se faire tuer bêtement).
Voilà je m’arrête là.
J'ai trouvé la critique de Sterculier très juste quand au manque de crédibilité du personnage de Jason Brody (dans la vitesse avec laquelle il devient instantanément un tueur sanguinaire)... ce qui rejoint ma critique. Il fait remarquer aussi un point qui m'a échappé : l'inutilité totale des personnages secondaires que l'on délivre.
Au final, Far Cry 3 n'est pas désagréable à jouer... mais sans que je ne l'ai jamais vraiment trouvé passionnant ou prenant. Faute en grande partie due à un scénario pas terrible et dans lequel le joueur n'a aucune liberté de choix.
Le problème avec un jeu qui nous demande de suivre une histoire linéaire unique (pas comme un Fallout ou un Deus Ex par exemple)... d'aller là où il faut aller et de cliquer là où il faut cliquer... C'est 1) que l'histoire a intérêt à être bonne. 2) On a intérêt à ressentir un minimum d'empathie pour le personnage que l'on joue.
Pour prendre un exemple de FPS à storyline unique et sans choix réussi, je dirai que Far Cry3 n'a pas la force d'un Max Payne (le 1er)... qui m'a tenu en haleine tout au long de son histoire.