Un écosystème dont vous êtes le héros.
On pourrait être tenté de dire que le monde se divise en deux : ceux qui ont "compris" Minecraft et les autres qui ne voient juste pas l'intérêt. Décrit comme le "légo du PC" - en mieux, il en faut pourtant beaucoup plus pour arriver à saisir le trait unique de ce programme.
Pour le dire simplement, Minecraft a plusieurs niveaux de lecture. Un premier niveau de lecture est que tout ce qu'on y fait porte la trace de notre personnalité. Il est impossible de jouer à ce jeu sans s'y voir comme dans un miroir : la moindre construction ou destruction va porter la trace de notre volonté. On se retrouve à changer un paysage, essayer d'organiser des choses plus ou moins bien, et on s'y prend parce qu'on est constamment renvoyé à soi-même et sa discipline.
Mais ça ne dure qu'un temps. Après cette étape, on plonge dans autre chose : l'écologie Minecraft. On ne s'en rend pas compte tout de suite mais le monde dans lequel se déroule le jeu est divisé en trois niveaux qui entrent constamment en interaction grâce au joueur.
On parle ici du minéral, du végétal, et de l'animal. Le premier niveau évident est celui du minéral, par lequel on creuse, construit, et fabrique des objets. Là aussi, ça dure un temps, puis on en voit la limite. Il y a néanmoins toujours des sensations uniques de création d'une mine, de gestion du minerai et du déchet produit, de son orientation, etc.
Mais à un certain point on se rend compte que le végétal joue une place importante qui peut soutenir notre exploitation du minéral : on peut cultiver la terre, reproduire des arbres pour s'alimenter en bois, faire pousser sa nourriture, accéder à des éléments décoratifs, etc. On commence à mixer les deux et on rajoute une couche d'intérêt au jeu.
Mais ensuite intervient l'animal : grâce aux structure établies avec les deux autres niveaux, on se rend compte qu'on peut même domestiquer les animaux, et les utiliser au choix pour se nourrir de leur viande, leur faire produire des matières premières pour faire de la cuisine (comme du lait et des oeufs pour faire des gâteaux), voire des matières secondaires comme de la laine teinte en diverses couleurs.
Quand on a pris conscience des interactions infinies entre ces trois niveaux, on se met réellement à gratter la surface du jeu, et à faire du terraforming : on construit le paysage, on le modifie selon nos shouhaits (en y apportant une source d'eau qui va servir à irriguer telle culture par exemple, ou en s'arrangeant pour que de l'herbe pousse sur une parcelle située en plein désert où on a décidé d'élever du bétail), on organise son transport et la répartition des ressources et leur reproductibilité.
Un quatrième niveau de lecture se débloque de lui-même avec l'alchimie puisqu'on y combine absolument tous les autres pour créer les potions, elles-mêmes donnant plus de chances de survivre à l'exploration des mondes parrallèles (néther et end).
Prenez tout ça et ajoutez-y la liberté de faire ce qu'on y veut (plutôt de que l'élevage, juste massacrer les animaux trouvés en chemin et vivre en nomade, etc.), et vous avez en main le jeu à durée de vie et de fun infinis. Je n'ai même pas parlé de la possibilité de faire de la mécanique et de l'électrique, qui donne lieu à des inventions de tarés sur tous les serveurs qu'on peut visiter. (Sur youtube Sethbling en est un des rois).
Le monde étant divisé en biomes ayant chacun leurs caractéristiques écologiques et ressources associées, Minecraft offre un gameplay de type réellement génératif, très loin d'un simple soft où on met et déplace des cubes les uns sur les autres. Ca me fait même mal au coeur quand on dit qu'il est un "gameplay bac à sable". Si j'avais pu faire 1% de ce que j'y fais dans un bac à sable mon enfance aurait été bien plus trépidante.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste