Ce que j’apprécie dans les polars de Nicolas Feuz c’est sa façon de répondre à toutes les questions que vous vous posez au fil de la lecture, rien n’est laissé au hasard. Il nous offre comme à son habitude un scénario alambiqué qui a pour toile de fond le département de l’Hérault, riche d’un passé historique où cathares et croisés se sont joyeusement entretués. Il n’hésite pas à se servir de ces faits historiques pour les lier à l’intrigue qu’il va nous livrer. Les chapitres s’enchainent sans qu’il soit noté de date en entête, cela m’aurait pourtant bien aidée à ne pas me mélanger les pinceaux entre les différentes temporalités, seule celle des cathares était aisément repérable. Le lecteur navigue donc à vue sur le fil du temps ne pouvant faire de lien que plus tard dans la lecture, dommage. Je regrette aussi que les personnages n’est pas été mieux renseignés, en savoir plus sur leur ressenti, leur évolution entre les deux époques nous aurait permis de mieux s’attacher, là je suis restée de l’autre côté sans éprouver d’empathie pour leur souffrance. D’un côté nous avons un duo de gendarmettes de choc, Solange l’ancienne et Amélie la petite nouvelle vont devoir partager l’enquête avec le Capitaine Roustan du SRPJ de Montpellier, on a découvert les corps des caïds locaux abominablement suppliciés, bientôt d’autres les rejoindront avec le mot Heresix gravé sur le torse. Le plus dérangeant dans l’histoire ce sont les exactions que ces mafieux, pervers, pédophiles ont commis et là l’auteur n’y va pas de main morte dans la surenchère, le langage est cru et je me serai bien passé d’une certaine description qui revient régulièrement ans ma tête depuis ma lecture. C’est le seul point négatif de mon point de vue, il n’est pas nécessaire d’aller autant dans les détails sanglants, où alors cela vient de moi, ma carapace n’est pas aussi forte que je le croyais mais dès que l’on touche aux enfants cela me bouleverse toujours. Une vengeance s’orchestre dans un scénario brillant et parfaitement maîtrisé .Un polar intelligent et cruel à ne pas mettre entre toutes les mains, les miennes en gardent encore des frissons. Bonne lecture.
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