Le résumé d’Hérétiques parle de fresque, c'est vrai, en fait c'est presque 3 romans en 1, car quel autre livre peut parler en même temps de l'histoire d'une famille juive dans la Havane pré et post révolutionnaire, des affres créatifs de Rembrandt, et de la disparition d'une jeune emo cubaine fan de Blade Runner ?
Difficile de résumer le roman de Leonardo Padura qui foisonne avec bonheur et qui a ravi mon goût des bonnes histoires qui s'étendent sur plusieurs générations, voire plusieurs époques. Le livre évoque à merveille l'atmosphère de Cuba, bruyante, hétéroclite, désenchantée. Tout en racontant si merveilleusement bien la naissance d’une peinture de Rembrandt que j'ai maintenant furieusement envie d'aller au Louvre pour la voir en vrai.
J'avoue que j'ai un faible pour ces récits qui mélangent fiction et Histoire et laissent le soin au lecteur de dépatouiller le réel de l'imaginaire. Je me suis aussi profondément attachée à ses personnages, Daniel et Mario Conde bien entendu (Conde étant un personnage fétiche de Padura, qui le suit depuis de nombreux romans policier), mais aussi les personnages secondaires du Maître et de Joseph. Et enfin, reste le ravissement pour un récit qui nous entraîne comme dans une valse folle, où à la fin je me rends compte que j'ai été émue par des choses aussi différentes que les réunions nostalgiques d'un ex-policier fauché avec ses vieux amis, la bénédiction d'un oncle pour son neveu ou l'évocation de la tristesse dans un tableau...