La diversité rafraîchissante
La littérature bit-lit, à laquelle appartient cet ouvrage, est un genre qui, bien qu'assez récent, ne cesse de trouver de nouveaux auteurs qui, attirés par un genre en vogue, finissent irrémédiablement par raconter la même chose.
Mais au final, lorsqu'on aime, pourquoi s'en priver ?
Dans le genre, ce livre n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il ne doit pas être oublié, tel un compagnon qu'on apprécie pour ce qu'il est. La plume et l'optique de narration choisies par l'auteure en fait un ouvrage accessible à tous, qui ne risque pas de perdre le néophyte du genre ou d'ennuyer le lecteur "mordu" (si j'ose dire).
Par simple goût personnel, je préfère toujours ces livres lorsqu'ils sont centrés sur le point de vue lycanthrope plutôt que sur celui d'une créature autre (e.g. les vampires), mais on va tout de même vite se rendre compte que le livre n'apporte aucun élément qui n'ait déjà été exploité par le genre. Avec bien entendu les habituelles variantes sur les transformations, leurs raisons et obligations, le livre ne va cependant pas s'aventurer hors des sentiers tracés par tous ses homologues.
Cependant, cet ouvrage mérite tout de même une appréciation qui devrait inciter tout lecteur à ne pas simplement passer son chemin devant ce livre.
Avec une plume plaisante, Carrie Vaughn nous emmène dans son univers qui, au-delà de la condition surnaturelle, dépeint en filigrane de nombreux aspects de la société occidentale qui vont parvenir à toucher de nombreux lecteurs.
Et c'est à mon sens le point fort de ce livre qui propose une diversité dans les thèmes qui ne permet pas de s'ennuyer, et ce tout au long de la série.
Tous ces thèmes, de l'humour à l'amour en passant par la politique, les relations extérieures et la vie active sont bien évidemment abordés avec l'habituel point de vue lupin, qui cependant surprend de réalisme le lecteur renseigné, incarné dans l'héroïne, Kitty Norville, qui se révèle être un personnage attachant, cynique et surprenant.
Un livre qui mérite d'être lu, d'autant plus lorsqu'on aime le genre. Et la suite ne fait qu'améliorer la qualité globale de l'ensemble.