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Notre besoin de consolation est impossible à rassasier est ni plus ni moins que le meilleur texte que j'ai lu. J'utilise des bouts de Dagerman à n'importe quel moment et à n'importe quelle occasion...
le 29 juin 2018
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Difficile d'entrer dans la "machine lexicale" de Chaosmose. La frontalité de la langue de Guattari apparaît d'abord très difficile à dépasser : elle paraît, à l'esprit, pareil à une falaise sans prises, pleine de minuscules anfractuosités dont on ne sait pas quoi faire. Le propos même de Chaosmose suppose que cette langue ne puisse pas aisément se laisser clôturer dans des concepts manipulables à la manière d'universaux sous lesquelles serait subsumée une réalité mouvante, fluente, indécidable. N'ayant jamais lu Guattari, je n'avais pas, par ailleurs, d'éléments de références pour tenter de me repérer dans cette forêt.
Mon sentiment est pourtant positif à la fin. Mais, peut-être m'a-t-il fallu très vite appréhender Chaosmose avec l'éthique d'un promeneur égaré dans une vallée encaissée : accepter d'avancer, de ne pas savoir, de ne pas saisir, d'être dessaisi même souvent. Au fur et à mesure, néanmoins, mes yeux aveuglés par la nuit chaosmique ont fini pas s'accoutumer et repérer, par éclats timides, des points susceptibles de m'aider au cœur de la désorientation. La fin du livre, notamment, est particulière vive et vient comme soutenir et enlacer l'ensemble du propos.
Le reproche que je pourrais faire à ce livre est un reproche que je peux souvent faire à la philosophie - reproche qui est à la fois un reproche et autre chose qu'un reproche : une forme d'opacité parfois inutile, à mon sens, et contre-productive peut-être quand on songe aux orientations politiques de l'auteur. La créativité lexicale confine parfois au jargonnage abscons et il n'y a, à mon sens, pas assez d'images, d'exemples, d'éclairages "hors théorie" pour soutenir le lecteur dans une traversée pourtant difficile.
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il y a 5 jours
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