Réflexion sur la modernité sociale et esthétique, sur l'héritage que nous avons à tirer des quarante dernières années, parsemée de digressions extrêmement drôles sur le monde, les rapports hommes-femmes, l'impuissance, les clichés sexuels, les jeux de rôle imposés par la société, les fantasmes sociaux, bref, excellent cheminement, sous le régime d'une psychanalyse ou d'une séance de psychanalyse au cours duquel on observe la voix narrative avancer et reculer dans sa propre complaisance puis finalement céder le terrain au pur exercice réjouissant de l'autodérision. J'ai beaucoup aimé ce livre. Et je déplore que plus de littérature ne suive pas le même modèle. Il y a de la substance, dans ce bouquin et quoique ce ne soit pas une fresque épique ou révolutionnaire, cette substance pose des questions intéressantes : à la société, à la narration qui pense à "voix haute", au lecteur qui se retrouve peut-être dans certains aspects de l'histoire... Je suis très heureux d'avoir croisé, accidentellement, cet auteur, dont j'ai acheté tous les livres. Humour, réflexion, style ; tout concoure à une lecture agréable qui ne fait pas perdre son temps. J'ajoute que la première phrase du roman est un des meilleurs incipits contemporains qu'il m'ait été donné de lire (et je lis beaucoup de littérature contemporaine, où la France est une très mauvaise élève). Bravo et encore !