Quand médiatique rime avec pathétique
J'en ai fini avec Eddy Bellegueule et croyez-moi ou pas, j'en suis ravi.
Voici sans doute un des livres dont tout le monde ou presque a entendu parlé et en effet comment ne pas être ému : l'auteur, qui a changé de nom parce que c'est quand même c'est trop dur d'avoir un nom picard, nous plonge dans ses souvenirs d'enfance, cruels et traumatisants, car depuis son plus jeune âge il se sait homosexuel dans un monde de brutes - et d'abrutis...
Mais voilà le hic: outre le fait que je pense qu'il y a une très grande part de mythomanie dans ce livre ( j'ai été notamment marqué par une scène ou un de ses grands frères parle de la honte d'avoir été aux restos du coeur quand il était petit... j'ai fait le calcul et cela devait être vers 1993/1994... or je doute sérieusement qu'un si petit village ait déjà cette structure sociale à l'époque ), je suis assez surpris que les médias s'extasient tous sur le recul de ce garçon sur son enfance.
Certes le regard porté sur la France d'en bas, celle qui regarde TF1 en mangeant, prolétarienne et populaire, est relativement lucide et assez inédit en littérature.
Mais pour le reste!
L'écriture tout d'abord : elle est insipide. Je passe sur les détails mais rien ne sépare ce roman d'un livre qu'on pourrait trouver dans le rayon "vécu" d'une librairie.
Quand au fond de l'histoire c'est quand même Caliméro au pays des picards. Et c'est d'ailleurs ce qui me gêne dans ce livre. Car oui il faut lutter contre l'homophobie, sous toutes ses formes.
Mais ne peut-on pas dire que ce livre est "pauvrophobe" ? En effet l'auteur rejette tous les aspects de son enfance qu'il n'a pas aimés en les caricaturant : la pauvreté, l'inculture, le manque d'ouverture d'esprits des gens.
Pourtant ce manque de compréhension d'autrui, c'est ce qui caractérise le plus le personnage. Si c'est une mise an abîme elle est réussie, malheureusement je crois que ce n'est pas le cas.
Finalement j'ai peur de comprendre que le succés de ce récit/roman tient au public visé : une sorte de bonne société condescendante, qui accepte toutes les différences et adule son politiquement correct, multireprésentée dans les médias aujourd'hui.