7,40€. Poche. 200 pages, papier basse qualité, texte écrasé en police 11. La taille a une importance.
Yann Moix coûte cher. 27 centimes par page, en poche bas de gamme. Très cher pour un roman que l’on ne termine pas.
J’ai toujours été fasciné par les personnages clivants. Ils font parler, sont méprisés, irritent sur les plateaux télé, mais personne ne les lit. Qui de ceux qui détestent Yann Moix peuvent se targuer d’avoir jamais lu un de ses livres ? Je ne voulais pas être un énième idiot popular haïssant.
J’ai acheté Jubilations vers le ciel pour savoir, pour étudier la figure médiatique. Pour déceler l’art grouillant, grimé par le maquillage télévisuel.
Trouver l’Art, ce n’est pas l’aimer. C’est con mais on oublie.
Je n’ai finalement rien à objecter à Yann Moix écrivain. Le style déborde, vomitif, la démarche est forte, la littérature transpire page après page. Jubilations vers le ciel est un véritable roman, Yann Moix est un véritable écrivain.
Le problème, c’est moi.
L’amour fou, l’obsession maladive, la jubilation du mot pour jouir de son emploi abusif... les thèmes, leur traitement, la mise en forme. Tout est pour moi une détestation concentrée. Je me moque de l’Amour comme fin de l’Existence, l’Obsession d’un personnage comme fil rouge romanesque me fait soupirer, le style grandiloquent hugolien m’exaspère jusqu’à la lie.
Yann Moix écrit sur des sujets qui ne m’intéressent pas, avec une plume qui m’insupporte. Cette littérature n’est pas la mienne, mais indubitablement elle est littérature. Je sais désormais que je ne le lirai pas. Mais je suis heureux qu’il soit lu.
La sincérité d’auteurs engagés reste le rempart inébranlable à cette escroquerie littéraire putréfiée qui moisie sur nos rayons, nourrie par des maisons d’éditions en mal de caviar
PS : Cette critique a été écrite avant la fameuse "affaire Moix"