La fin de la première époque pouvait, avec le recul, apparaître un peu brutale, non pas dans le sens d'une fin expéditive mais plutôt dans le sens où l'on avait l'impression d'être au milieu d'une plus grande aventure qui se serait donc achevée en cours de développement.
Avec cette seconde époque on a donc l'opportunité de retrouver des personnages don on avait le sentiment de ne pas encore avoir fait le tour, et c'est une bonne chose finalement.
Pourtant ce tome 1 apparaît encore une fois un peu poussif dans son récit, prenant son temps par instant avant précipiter les évènements de façon un tant soit peu frustrante. Cette gestion du rythme crée, comme dans les tomes précédents, des moments de lassitude que seule l'écriture soignée de Robin Hobb parvient à annihiler.
La variété du vocabulaire, le style à la fois riche et limpide et surtout cette finesse psychologique permettant de travailler ses personnages avec une profondeur remarquable font que lire les aventures de Fitz reste un vrai plaisir sur le long terme malgré ces moments de faiblesse dont on parlait plus haut.
Et puis cette nouvelle intrigue est plutôt bien amenée et intéressante à suivre, traitant principalement du Vif et des persécutions que son incompréhension engendre. On retrouve les thématiques sociétales de l'exclusion, du rejet, des injustices et des désirs de vengeances que cela entraîne, sur fond comme d'habitude de politique entres les duchés du royaume et les groupes constitués par les "vifiers". Il y a aussi cette liaison qui se fait vers la fin du récit avec une autre saga de l'auteure se passant dans le même monde, Les Aventuriers de la mer, qui m'a rappelé de vagues souvenirs pour mon plus grand bonheur.
Bref j'ai toujours un peu de mal à me situer dans cette univers de l'Assassin royal, j'aime l'écriture de Robin Hobb, j'aime sa façon de créer des personnages auxquels j'ai pourtant parfois du mal à m'identifier voir à adhérer et j'aime globalement cette histoire aux multiples tenants et aboutissants, mais je regrette régulièrement au long de ma lecture ces pages où la tension devient inexistante et où le récit semble stagner un peu trop. Comme un prix à payer pour la profondeur remarquable de cet univers.