Si tu pensais que les livres servaient à raconter des histoires, poser des intrigues et développer des personnages, Le Livre du voyage est là pour te rappeler qu’un bouquin peut aussi essayer d’être ton chaman personnel… avec plus ou moins de succès.
L’histoire ? Il n’y en a pas. Enfin, si : c’est TON voyage intérieur. Werber s’adresse directement à toi, lecteur, et t’embarque dans une sorte de méditation guidée à travers des pages censées t’ouvrir l’esprit et t’aider à voir la vie autrement. Il veut t’emmener loin, dans une expérience sensorielle et spirituelle, te faire traverser des mondes imaginaires et te reconnecter à toi-même. En gros, c’est un peu un livre de développement personnel écrit sous LSD, avec des allures de script pour une séance d’hypnose de fin de soirée.
Le gros point fort ? Si tu te prêtes au jeu, ça peut être une expérience originale. Le ton immersif est intriguant, et l’idée de faire du lecteur le héros d’un voyage introspectif a quelque chose d’assez audacieux. Ça change des romans classiques et ça peut peut-être réveiller quelques réflexions personnelles.
Le hic ? C’est perché, parfois creux et surtout très prétentieux. On a souvent l’impression que Werber nous prend par la main comme un vieux sage, en mode "ferme les yeux, respire profondément et laisse-toi guider par MA GRANDE SAGESSE". Ça peut vite devenir agaçant, surtout quand le fond n’est pas aussi profond que le ton le laisse croire.
Bref, Le Livre du voyage, c’est une tentative d’expérience littéraire mystico-philosophique qui peut séduire les âmes rêveuses, mais qui laisse les autres un peu perplexes. À lire si tu es d’humeur réceptive à un trip métaphysique... sinon, tu risques juste de lever les yeux au ciel toutes les trois pages.