les Gouvernantes
5.5
les Gouvernantes

livre ()

Autant dire en avant-propos que les envies d’abandon de lecture ont été nombreuses et je ne sais toujours pas ce qui m’a poussé à terminer ce livre.

Les Gouvernantes est un roman sans intrigue puisqu’on sait dès l’entame qu’il s’agit d’un gigantesque cambriolage qui va vider un hôtel particulier de tout son contenu. Tout l’intérêt de la lecture résidant alors dans la découverte de la motivation qui va animer, de façon implacable, ces femmes ayant toutes un rapport entre elles ou avec la maison. Mais c’est plus par déductions, suppositions ou hypothèses qu’une vague idée s’en formera tant la trame narrative est obscure et confuse.

Bien sûr l’auteur tentera sans doute de nous apitoyer sur la condition d’une domesticité exploitée et méprisée en les faisant passer pour d’audacieuses suffragettes mais jamais je n’ai eu le moindre élan de sympathie envers elles et pas un instant je n’ai trouvé justification à leurs desseins même si une vague idée de testament caché ou de proxénétisme clandestin, aurait pu modifier mon sentiment, si cela avait été mieux exploité.

Quant au cambriolage lui-même il est d’une extravagance invraisemblable. Imaginez une coterie de prolétaires féminines régentant un bataillon de truands, gueux et voleurs envahissant en toute quiétude la demeure durant un bal parmi des centaines d’invités et de tout le personnel. Ne parlons même pas de l’attirail barnumesque qu’ils(elles) vont déployer pour investir la place.

Alors que ce volet seul aurait pu sauver l’ouvrage, on a ici une très pâle tentative de description de la vie sociale s’échelonnant en multiples castes dans les fastueuses demeures de Park Lane au début du XXe siècle. Vie splendidement restituée dans des films comme Downton Abbey ou Les Vestiges du jour mais lamentablement décrite ici.

Pour parfaire le tout, j’ai plus d’une fois trouvé l’écriture malhabile voire grotesque :

(ou peut-être est-ce un problème de traduction ?)

« Les pendules chatoyaient, lumineuses et endiablées »
« A l’intérieur (de la pièce) la lumière était propre »

Ou

« Alors à plus, mon chou » - (Pas sûr qu’on parlait ainsi au début du XXe siècle)

Ou des expressions aussi désuètes qu’enfantines comme

« C’est celui qui le dit qui l’est »

L’exemplaire que j’ai acheté était estampillé ¨Prix des lecteurs 2025. Soit. Mais qui étaient ces lecteurs ?


page
4
Écrit par

Créée

le 24 mars 2025

Critique lue 6 fois

page

Écrit par

Critique lue 6 fois

D'autres avis sur les Gouvernantes

les Gouvernantes

les Gouvernantes

6

livreclem

150 critiques

Critique de les Gouvernantes par livreclem

Un cambriolage de haut vol, pensé par une ancienne gouvernante qui va emmener un groupe de femmes dans cette aventure de vengeance. Mrs King vient de se faire virer de son poste de gouvernante...

le 28 oct. 2023

Du même critique

Le Maître des illusions

Le Maître des illusions

9

page

177 critiques

Epoustouflant

J’avais lu ce roman il y a vingt ans sans en retirer un plaisir particulier mais après avoir adoré « Le petit copain » et « Le chardonneret », j’ai relu cet ouvrage. Mon Dieu comment avais-je pu...

le 8 août 2016

La Chasse

La Chasse

6

page

177 critiques

Un Minier mineur mais engagé…

Dans un polar, il est normal que la police occupe une position centrale. C’est même la moindre des choses. Et puisque c’est toujours le commandant Cervaz qui conduit l’enquête dans le dernier roman...

le 7 juin 2021

C’est arrivé la nuit

C’est arrivé la nuit

4

page

177 critiques

Encéphalogramme plat

Il y a près de vingt ans que je n’avais plus ouvert un livre de Marc Lévy mais j’ai craqué pour son dernier. Non parce que j’ai soudain éprouvé des remords devant son impressionnante bibliographie...

le 30 nov. 2020