Autant dire en avant-propos que les envies d’abandon de lecture ont été nombreuses et je ne sais toujours pas ce qui m’a poussé à terminer ce livre.
Les Gouvernantes est un roman sans intrigue puisqu’on sait dès l’entame qu’il s’agit d’un gigantesque cambriolage qui va vider un hôtel particulier de tout son contenu. Tout l’intérêt de la lecture résidant alors dans la découverte de la motivation qui va animer, de façon implacable, ces femmes ayant toutes un rapport entre elles ou avec la maison. Mais c’est plus par déductions, suppositions ou hypothèses qu’une vague idée s’en formera tant la trame narrative est obscure et confuse.
Bien sûr l’auteur tentera sans doute de nous apitoyer sur la condition d’une domesticité exploitée et méprisée en les faisant passer pour d’audacieuses suffragettes mais jamais je n’ai eu le moindre élan de sympathie envers elles et pas un instant je n’ai trouvé justification à leurs desseins même si une vague idée de testament caché ou de proxénétisme clandestin, aurait pu modifier mon sentiment, si cela avait été mieux exploité.
Quant au cambriolage lui-même il est d’une extravagance invraisemblable. Imaginez une coterie de prolétaires féminines régentant un bataillon de truands, gueux et voleurs envahissant en toute quiétude la demeure durant un bal parmi des centaines d’invités et de tout le personnel. Ne parlons même pas de l’attirail barnumesque qu’ils(elles) vont déployer pour investir la place.
Alors que ce volet seul aurait pu sauver l’ouvrage, on a ici une très pâle tentative de description de la vie sociale s’échelonnant en multiples castes dans les fastueuses demeures de Park Lane au début du XXe siècle. Vie splendidement restituée dans des films comme Downton Abbey ou Les Vestiges du jour mais lamentablement décrite ici.
Pour parfaire le tout, j’ai plus d’une fois trouvé l’écriture malhabile voire grotesque :
(ou peut-être est-ce un problème de traduction ?)
« Les pendules chatoyaient, lumineuses et endiablées »
« A l’intérieur (de la pièce) la lumière était propre »
Ou
« Alors à plus, mon chou » - (Pas sûr qu’on parlait ainsi au début du XXe siècle)
Ou des expressions aussi désuètes qu’enfantines comme
« C’est celui qui le dit qui l’est »
L’exemplaire que j’ai acheté était estampillé ¨Prix des lecteurs 2025. Soit. Mais qui étaient ces lecteurs ?