Mo hayder s'éloigne ici de son style et de son environnement, habituellement sans concession. On retrouve pourtant bien son sens du récit et son écriture fluide.
Auteur du remarqué «Birdman» premier roman où l'on fait connaissance avec Caffery et ses démons, le récit gagne en efficacité au fil de l'intrigue, en situations glauques et bien prenantes. Meurtres violents et descriptions claires et nettes pour un aspect plus « réel » qui laisse peu de place à la détente.
Ce roman policier est donc bien plus léger voire un tantinet « feignant ». Les binômes sont souvent présents dans les polars (notamment Franck Thilliez et ses deux inspecteurs Sharko et Hennebelle avec toujours des « allers et retours » dans leurs situations et sentiments compliqués qui sont partie intégrante de l'histoire), mais ici, la relation de Flea et Caffery n'est que survolée, Caffery se balade, Flea n'en fait qu'à sa tête, « le marcheur » un des personnages pourtant plein de mystère et support moral de caffery, ne sera dans cette intrigue que figurant pour laisser la place à l'enquête, malheureusement trop « grand spectacle »...pour peu de stress finalement.
Une enquête menée en parallèle par nos deux héros, sur la disparition de petites filles. Un thème classique de thriller. Un kidnappeur qui profite d'un moment d'inattention pour voler les véhicules de leur propriétaires. Seulement se trouve à l'arrière une petite fille. Un second kidnapping interrogera sur les motivations du voleur (voiture ou enfant?).
Traitée avec exagération notamment sur les personnages et leurs réactions, des longueurs, qui sur 536 pages finissent par amoindrir la crédibilité et la tension. Les multiples pistes, et des difficultés « visuelles » pour le lecteur sur certaines situations notamment « le tunnel » rendent parfois la lecture compliquée. Des rebondissements pourtant « intéressants » si ce n'est que l'écrivain en abuse et pour finir un moment de télépathie pour la résolution de l'enquête, qui tombe un peu à plat n'ayant pas de lien avec l'ensemble.
Un final qui laisse sur sa faim aussi avec une résolution convenue où les réponses sur les motivations semblent bien légères tout de même. Une écriture qui essaiera d'accentuer le drame par quelques situations sanglantes, mais bien peu saisissantes.
Une histoire qui se lit très vite, qui démarre bien et qui finit par un happy end que l'on pressentait déjà au premier tiers par la direction plus soft que prend Mo Hayder, et qui n'offre pas l'ambiance torturée et pessimiste habituelles des protagonistes et de l'enquête.
Malgré tout ceci, un moment de lecture agréable pour le jardin...mais où l'ambiance ne prendra pas « aux tripes ».