La troisième et dernier opus de la trilogie du subtil changement est un peu en dedans par rapport aux deux premiers. Nous vous méprenez pas cependant, ce bouquin reste dans la continuité de ses prédécesseurs, et présente ainsi les mêmes qualités, ou, du moins, des qualités proches. Alors, pourquoi cette impression de (toute relative) déception ?
Eh bien, il y a certainement l'effet de surprise qui est moindre face à la description minutieuse de cette Angleterre fascisante. La narration à deux voix est, comme dans les deux premiers tomes, présente, mais là aussi, le lecteur commence à ressentir une certaine usure face au procédé. Bon, à la décharge de Jo Walton, j'ai enchainé ces trois tomes à vitesse grand V et mon avis doit bien sur être relativisé à l'aune de ma cadence de lecture. Enfin, l"équilibre roman policier - uchronie est dans "Une demi-couronne" un peu rompu, en faveur du second genre cité. D'une certaine façon, si on en découvre beaucoup plus sur cette Angleterre qui s'apprête à ouvrir un camp de concentration, l'intrigue s'en ressent quelque peu : un rythme très lent au début, et des événements qui s'enchainent à toute vitesse à la fin, laissant le lecteur un brin frustré que ceux-ci n'aient pas été un plus développés.
Du coup, vous allez peut-être croire que ce bouquin est une daube. Attention, pas du tout, d'ailleurs ma notation en témoigne. Dans ce troisième opus, le personnage de Carmichael (qui a pris dix ans par rapport au deuxième tome) prend encore de l'épaisseur et l'hommage aux "justes" et aux résistants est plus présent que jamais. Et puis, il me faut aussi mentionner que j'ai littéralement dévoré "Une demi-couronne". Donc, c'est un très bon livre, qu'il faut absolument lire pour clore la série !
Mais il y a un petit quelque chose de moins. Peut-être le fait qu'après avoir littéralement laminé la classe dirigeante anglaise pendant plus de mille pages, Jo Walton conclut par un hommage tout à fait inattendu à la royauté britannique...