Dans son roman historique, Victor Hugo vient de mourir, Judith Perrignon décrit de manière très réaliste et précise l’atmosphère et l’agitation qui règnent lors des quelques jours précédant et suivant le décès de Victor Hugo jusqu’à son enterrement national au Panthéon.
On comprend l’importance que Victor Hugo a auprès des ouvriers et des tranches populaires de la population française.
On observe la récupération politique du gouvernement, aux abois quant à une révolution qui couverait. Pour l’éviter, ils iront jusqu’à organiser les funérailles un lundi, sans le déclarer férié. Ainsi, les ouvriers et les pauvres de ce monde ne pourront y assister car forcés d’aller travailler. On apprend également que le Panthéon est repris à l’Eglise pour l’occasion, avec la scène très symbolique du retrait de la croix sur le fronton. On est même infiltré dans les réunions des anarchistes et on suit l’évolution de la situation au gré des comptes rendus envoyés par différents indics à la préfecture de police. Le pouvoir en place est sur le qui-vive.
Ce livre m’a fait découvrir l’importance que Victor Hugo avait pour ses contemporains. Victor Hugo est très reconnu de nos jours comme écrivain et poète mais la ferveur qu’il a provoquée m’était complètement inconnue. De même, j’étais très peu au courant de son rôle politique et de son exil. Il m’a cependant fallu lire quelques articles sur l’histoire et la politique au XIXème siècle pour bien appréhender les événements décrits, les alliances, les rancoeurs de chacun et comprendre cette effervescence ainsi que les positions de chacun des groupes et journaux présentés.
Ce roman historique n’est pas très long mais très dense. Judith Perrignon a du énormément se documenter afin de produire cet ouvrage, très fluide et agréable à lire. On regrettera peut-être quelques répétitions qui apparaissent dans ce livre (la position de Lisbonne sur sa présence aux funérailles, la mésentente entre Lockroy et Hugo suite au mariage de Lockroy avec la belle-fille de l’écrivain…), étant donné qu’il est court - peut-être une question de style voulu par l’auteure.