Cette série, c'est la base des séries pour adolescents, des séries de science fiction et surtout la base de l'héroïne. Étant une des premières séries à poser un personnage féminin en tant que protagoniste fort, Buffy contre les vampires, malgré son caractère souvent parodique, va bouleverser les codes et révolutionner le genre. Elle peut se prendre au sérieux comme elle peut rester humoristique avec une facilité déconcertante, digne d'un équilibriste.
Tout son génie s'exprime surtout par une symbolique très forte dans chaque épisode et traitée de manière originale. En commençant, avec les premières saisons, par le thème de l'adolescence. Que ce soit avec un jeune musicien cool qui se change en loup garou selon les rythmes de la lune, d'une fille tellement timide et effacée qu'elle en devient invisible ou encore avec les conséquences de la perte de la virginité de Buffy, Whedon utilise le fantastique de manière intelligente même si le médium n'est pas toujours très subtile. Son sérieux vient principalement des symboles et des messages que la série nous transmet à travers une réalisation géniale jouant à la fois sur les clichés du genre (notamment celui de l'Horreur) et sur des décalages humoristiques visant à détendre l'atmosphère, que ce soit à travers ses répliques ou ses mises en situations. On retrouvera d'ailleurs ces procédés dans son film The Cabin in the Woods, mais aussi cet humour un peu décalé dans Avengers de Whedon.
On peut cependant reprocher à Buffy d'exagérer parfois le ridicule, ou même les moments sérieux, avec des insistances au niveau du scénario mais aussi de la réalisation. Mais en même temps, c'était certainement le but. Par contre, un visionnage contemporain aura sans doute du mal à aller au-delà des effets spéciaux qui n'ont pas très bien vieillis mais qui, somme toute, ne dénaturent pas une série qui tient ses paris jusqu'au bout. Mention spéciale pour les épisodes spéciaux (justement) comme celui de la comédie musicale ou encore celui où tous les personnages perdent littéralement leur voix. Du génie à voir au moins depuis le second degré et du Whedon à l'état pur. Si l'humour du réalisateur vous botte et que les vampires ne vous donnent pas envie de vous empoisonner à l'ail, venez tendre le cou.