Commençons par répéter ce qui a déjà été dit par tous les critiques et puristes : La sixième et dernière saison du drame politique est décevante sur de nombreux points.
On attendait des discours grandiloquents sur les bienfaits du machiavélisme et de la conquête du pouvoir, sur le fait que l'idée de démocratie en tant que régime politique soit surcotée quand on reconnait sa nécessité, sur la nation "Underwood"... Rien de cela. La fin de la saison 6 a détruit le scénario parfaitement perfide alliant Franck & Claire dans leur conquête construite depuis 6 ans et qui avait tant plu à son public, le réduisant au trio sans pertinence formé par Claire-Frank-Doug dans une cinématique déiste que le jeu des acteurs parvient (de justesse) à sauver du ridicule. Pire, les scénaristes - certes, pressés par le temps- ont sous-exploité l'intrigue d'une présidence Claire Underwood la renvoyant trop souvent au fantôme de Franck.
Par ailleurs, Le show abuse de punchline/réflexions punchy pour faire retrouver à la série le charisme qui la caractérisait et - surtout!- pour pallier les moments pesants (qui sont malheureusement trop nombreux).
La seule storyline intéressante à suivre - et qui donne un véritable caractère tragique à la série - est la quête acharnée des journalistes Hammerschmidt et Skorsky pour mettre au jour les crimes du couple Underwood. Ces derniers, infatigables malgré la disparition de deux de leurs collègues (notamment Zoe Barnes, qui hantera la série du début jusqu'à la fin, et restera avec les Underwood un de ces emblèmes). Les scénaristes ont dépeint (pour le coup, avec succès) le tragique du métier de journalisme aux États-Unis : on a l'impression qu'ils seront toujours les grands perdants de la démocratie américaine. Peu soutenus dans leur lutte, un rapport de force encore trop faible... Tout cela se traduit à l'écran par la mort de Tom Hammerschmidt, directeur de presse devenu journaliste indépendant, le véritable "héros" de la série. À travers ce personnage, les scénaristes font le taff cathartique réalisé par d'autres réalisateurs américains (le film Penthagon Papers, la Série The Newsroom) de glorification de la presse, comme si ils réalisaient seulement maintenant que la démocratie américaine avaient un problème...
Une seconde raison de regarder cette ultime saison ? Robin Wright, au firmament dans la peau de Claire Hale. Il est assez rare de constater une actrice/un acteur épousant totalement la seconde peau qu'est son personnage. Et c'est beau à voir. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête de Claire, ni les stratégies qu'elle va mettre en place (l'épisode 5 est en un très bon exemple) ; si elle est vraiment en difficulté ou si elle feint la bêtise... Les scénaristes parviennent à lui donner un côté démoniaque, en montrant notamment la manipulation du "féminisme" effectuée par cette présidente et en montrant que oui, une femme peut être aussi machiavélique qu'un homme à la tête d'un gouvernement aussi rance.
L'actrice semblent cependant s'ennuyer tant les autres personnages sont médiocres et fades. Ces derniers pullulent dans cette saison. Prenons l'exemple des Shepherd : Leur influence et leur pouvoir sont exagérés au maximum et semblent factices. Ils ne sont pas crédibles en tant qu'opposants potentiels. Les interprètes, Diane Lane et Greg Kinnear, semblent constamment à côté de la plaque alors qu'il s'agit d'acteurs confirmés outre Atlantique. Ce côté inadéquat met en évidence l'idée qu'il existe bel et bien un "esprit house of cards" dans lequel évolue Robin Wright avec une facilité confondante et que les autres acteurs ne parviennent pas à concevoir...
Sidenote : Des personnages chiants à souhait le deviennent encore plus (coucou Seth).
Une fin mitigée pour le fan absolu que je suis. Pour être honnête, il était très difficile de faire revivre une série qui mourrait à petit feu depuis déjà 3 saisons. Les adieux sont pourtant difficiles, mais content d'avoir passé ces derniers épisodes avec Robin Wright.