Résumé
Série qui traite le sujet des violences sexuelles et les différents degrés de celles-ci avec pertinence mais qui ne s'attaque pas suffisamment aux structures qui les permettent et les reproduisent.
Détails (et spoilers)
Malgré un format désormais classique et un rapprochement plutôt évident avec 13 Reasons Why, Ni una más est bien plus qu'une série de plus. La manière dont la série réussit à démontrer l'omniprésence de la domination masculine et le climat oppressant qu'elle engendre est une grande réussite. Sans images chocs, les épisodes sont tout de même durs à regarder tant le climat général porte cette menace latente de la violence sexuelle.
En procédant ainsi, cela permet à tout le monde, et donc aux hommes, de se rendre compte de l'horreur d'une telle sensation. La peur est constante, notamment quand les hommes sont présents, en groupe ou au contraire en situation d'isolement avec l'un d'entre eux.
La construction de la série entretient par ailleurs un suspens qui permet de démontrer que beaucoup d'hommes, pour ne pas dire tous, peuvent être de potentiels agresseurs/violeurs. Si ce suspens est quelque peu critiquable, il ne dure jamais trop au point d'être une sorte de jeu de piste malsain, et permet parfois de se placer dans la position des personnes qui ignorent le visage qui se cache derrière l'agresseur.
Par ailleurs, de nombreux passages de la série se consacrent à la vie sexuelle et sentimentale des ados que l'on suit, ce qui est une bonne manière de démontrer les différents niveaux de violence possible, ou tout simplement d'en évoquer les problématiques potentielles. Le tout est globalement très bien fait, bien que j'ai trouvé que la relation entre David et Alma n'était pas questionnée alors que l'écart d'âge et de position sociale aurait mérité un point sur le sujet.
J'ai également trouvé intéressante la manière dont les différentes cellules familiales étaient explorées, notamment dans les différences de classe et de genre.
Cela étant, et bien que la série aborde légèrement la question des structures sociales permettant la domination patriarcale, notamment en représentant les figures dirigeantes du lycée, et surtout les hommes, comme des personnages conservateurs, c'est un angle un peu trop délaissé de la série.
Pire, la police, n'est même pas dépeinte comme une institution reproductrice de cet ordre social, mais au contraire comme une institution capable de venir en aide aux victimes. Notamment via le personnage de Mercedes que l'on retrouve étonnamment dans chaque scène mêlant la police dans les derniers épisodes...
Je veux bien croire que la police espagnole ne soit pas aussi déplorable que la police française, mais certainement pas au point de la faire figurer si positivement.
7.75/10