L'argument de la série, c'est de jouer sur le fait qu'un garçon est en couple avec une très belle fille, et qu'ils sont tous les deux forcés de jouer le jeu. Les événements qui surviennent les empêchent de rompre et du coup leur relation s'approfondit.
Toutefois, la fille dans l'histoire se prostitue, elle loue sa compagnie aux hommes (il n'y a pas d'acte sexuel, mais c'est de la prostitution dans le principe, certains s'imaginant que l'absence de rapport sexuel purifie l'aspect sexuel et vénal de la relation tarifée), ce qui fait que tout le foin sur le sérieux potentiel de la demoiselle n'est pas très convaincant. Il y a une espèce d'anomalie permanente où la fille est décrite comme une personne psychologiquement équilibrée avec des valeurs et cela se double d'une facilité avec laquelle elle accepte de prolonger une relation qui coûte très cher à son partenaire. Elle ne se dit même pas qu'il faut mettre un terme à tout ça, elle n'a aucune morale. Mais la série la fait passer pour une fille modèle et on a toute une romance accentuée sur les deux personnages.
Mais, même en admettant le caractère tordu de cette relation, ce n'est même pas drôle. Les personnages ne cessent d'être mis dans des situations délicates, font des rencontres improbables. On a ça dans We never learn, mais, dans We never learn on se tape des crises de fous rires, on ne contente pas d'équivoques sexuelles. Quant aux discussions sérieuses, il faut préciser que le manga Rent-a-Girlfriend est publié dans le Weekly Shônen Magazine. Il s'agit d'un magazine hebdomadaire contemporain de son concurrent le Weekly Shônen Sunday, tous deux antérieurs aux Weekly Shônen Jump, mais actuellement le Weekly Shônen Jump est en pleine crise avec un nombre élevé de séries qui s'achèvent, de séries nouvelles qui ne marchent pas, et le Weekly Shônen Magazine en est le rival plus que jamais avec des séries d'action, de sport et des romances ou comédies. Ceci dit, le Weekly Shônen Magazine pose d'énormes soucis de cohérence. Les chapitres de mangas qui sont publiés ont un classement de popularité, mais pas fait par les lecteurs, mais fait n'importe comment par l'éditeur lui-même. Moi, j'appelle ça du n'importe quoi ! Ensuite, la revue propose souvent en couvertures des idoles, ce que je peux concevoir, mais on comprend que c'est un magazine qui va pas mal privilégier les histoires de baisouille, à la différence du Weekly Shônen Jump. Il y a sans doute de très belles séries dans le Weekly Shônen Magazine, Fire Force notamment dans le champ des mangas d'action, mais récemment le magazine a brillé par un manga harem psychologique et soft bien conçu Go-toboun no Hanayome / Quintessential quintuplets et par un autre harme où le fan service est poussé assez loin pour un public plus mature avec Love x dilemma / Domestic no kanojo / Domestic girlfriend. Les deux nouvelles séries phares portées sur le olé-olé sont donc Rent-a-girlfriend et A Cucko's fiancée, mais pour moi elles ne remplaceront pas Go-touboun no Hanayome ou Domestic girlfriend, ni We never learn du Weekly Shônen Jump. Je n'aime aucune de ces deux nouvelles séries. Je n'ai pas lu directement le manga pour Rent a girlfriend, mais l'animé m'arrête tout de suite. J'ai un peu insisté, mais là milieu de sixième épisode je ne m'y fais pas, je ne supporte pas ce truc faux, je ne ris pas. Je perds mon temps. La série tient à l'évidence dans le charadesign des deux filles rivales en présence. Il y a un très grand soin apporté au visage de la prostituée, à ses doigts de pied, au relief de la peau sous les ongles de divers personnages (le garçon personnage principal compris), et aux vêtements. Il y a un travail sur la croupe de la prostituée en mini-jupe bleue vue de dos, un travail sur des chaussures à talons moyens qui laissent voir les pieds, etc., etc. Il y a tout un visuel pour titiller le désir masculin à travers des portraits de filles dont les habits font nettement plus femmes que gamines. Mais, après, je trouve qu'il n'y a rien pour défendre la série, mais rien de rien, si ce n'est le pseudo-sérieux des dialogues et de certaines scènes (il plonge dans l'eau pour la sauver de la noyade, la belle affaire !). C'est un gros nid d'hypocrisie !
Puis, j'allais oublier l'autre hypocrisie pénible. On essaie de nous faire croire que, cette fois, la série est plus chaude. Les gens parlent de sexe, veulent sortir pour le sexe. Comment dire ? Heu ! Ils ne se passent jamais rien. Si c'est pour ça, autant en rester à une série sur des lycéens trop timides ou prenant l'amour trop au sérieux pour profiter d'un amour sans lendemain. Là, on est censés apprécier des étudiants qui sortent ensemble, et ils ne se passent rien de rien ! Quel intérêt ?