Après avoir découvert Pascals grâce à leur deuxième album Abiento et surtout les avoir vus sur scène pour un concert exceptionnel (dans tous les sens du terme), je me suis juré de ne plus lâcher les Pascals. Rappelons-le les faits : quinze japonais célébrant en musique leur amour de Pascal Comelade pour le plus grand plaisir de tous. Eh oui, quinze cela fait du monde et on pouvait imaginer que chacun devait avoir des projets plus personnels. Ce half moon nous en dresse un inventaire. On ne sera pas surpris de retrouver là l'esprit gentiment déglingué des Pascals mais chacun va avoir sa touche personnelle. Ainsi Hirochimi Sakamoto , le violoncelliste qui n'hésite pas à attaquer sur scène son instrument à la scie sauteuse (véridique) devient homme-orchestre, non pas comme Remi Bricka mais bel et bien comme Yann Tiersen. Akane , chanteuse et toy pianiste, donne ses lettres de noblesse à la chanson japonaise de sa présence gracile et lunaire. Dans un style encore plus dépouillée, Utsuo, sa grande sœur, joue les fildeféristes vocales et devient la Bjork nippone. Plus classique, Komatcha Klezmer, le groupe du violoniste, fait dans la fanfare de l'Est et rappelle l'ambiance festive et avinée des toiles de Kusturica. Cinorama, soit pas moins de 4 Pascals ensemble, propose une musique à la limite du post-rock (terme qu'ils réfuteraient sans doute, trop humbles), un instrumental en lévitation troublée par des cris déchirants. Mais c'est encore Tama, le duo formé du joueur de ukulélé et du percussionniste qui étonnera et charmera le plus : une musique en roue libre faite de bric et de broc, une voix déglinguée entre chant d'oiseau et onomatopées ; entre bouffées délirantes et sagesse shintoïste. On connaissait le Japon, pays des mangas et du stress perpétuel. Avec toute cette joyeuse bande, on découvre un Japon poétique.