Largement méconnu du grand public, Cactus fît en son temps des ravages. A l'aube de l'enregistrement de leur quatrième et dernier album, le groupe perdait pourtant la moitié de son line-up (en effet Jim McCarty [guitariste] et Rusty Day [chanteur], après trois albums quittent le navire) et embauchait trois nouveaux larrons pour continuer à faire tourner l'entreprise tout en signant conscieusement la mort prochaine du groupe. Trois nouveaux musiciens? Oui, mais lesquels? On retrouve Duane Hitchings au piano, Werner Fritzsching à la guitare et l'âme même de ce Cactus version 1.2: Peter French au chant. Desservant un boogie rock, consolidant les bases d'un hard rock péchu et créant l'alchimie parfaite, ce live ne comprend malheureusement que trois titres!!! Et oui, juste une face (une face live et une seconde studio -bien inégale).. Mais accordons lui cependant que la face live, vaut la majorité des faces lives jamais sorties, rien que ça. Car oui. Ni Led Zeppelin, ni les Stones, ni Canned Heat ou que sais-je encore, n'attendra ce boogie-rock là. Enregistré lors d'un festival confidentiel à Porto Rico, le groupe entame sa courte set-list sur un Swim survolté à l'image des 20 prochaines minutes. Présenté comme un long medley, les chansons découlent les unes des autres avec un naturel déconcertant, une force, une hargne inouïe. Peter French assure comme personne au chant et l'instrumentation lui assure un soutien du feu de dieu. Bad Mother Boogie, je vous le concède, est un boogie puissant avec d'énormes solos grassouillets et Our Lil' Rock n' Roll Thing vient clôturer la face live en reprenant les standards de rock n' roll à la sauce Cactus. Inoubliable.
Posez donc une oreille sur les premières secondes de ce vinyl, vous comprendrez immédiatement quelle fièvre animait Cactus en son temps et le moindre de ses auditeurs encore aujourd'hui.