Sortir une compilation d'electro pop et l'appeler "Beautiful muzique", cela s'appelle prendre des risques : si le contenu ne suit pas, imaginez les railleries...
Ce bel objet (le livret classieux regroupe des oeuvres du plasticien Raphaël David) regroupe 16 titres et autant d'artistes. Certes, il n' y a pas ici que du neuf : Perry Blake, Keren Ann et même Grâce Jones (pour carrément "La vie en rose" !), ce n'est pas de l'electro "stricto sensu" mais ne boudons pas notre plaisir en retrouvant ceux-là au détour d'une compilation. Et puis en marketing, on appelle ça des "produits d'appel", pouvant inciter à acheter le disque et donc à découvrir le reste. Car, celui-ci n'a pas à rougir de ces têtes d'affiche. Je passerai sur le déjà culte Snooze (qui a tendance à éclipser des mémoires le nom de Dalcan) pour m'attarder sur les autres perles du CD. Il est évident qu'il faudra compter avec Apreski, trio franco-anglais qui marche sur les traces de Air, tout en gardant une personnalité bien à eux. Le mid tempo "Into sthe stars" de l'allemand Alphawezen nous oblige à une séance de rattrapage et à redécouvrir d'urgence son "après midi d'un microphone". "Journey to a star" de Lemongrass a la fausse simplicité des meilleurs morceaux down tempo. Last Stéreo démontre des qualités mélodiques proche de Zero 7. David Grumel propose une bossa electronique de bonne facture et "cold water music" de Aim, tranfuge du label Grand Royal, s'affirme toujours pour ce qu'il est, un classique du Trip-Hop. Au final, le nom de cette compilation n'est pas usurpé et ce "beautiful muzique" se déguste un verre de scotch à la main, engoncé dans un sofa, bien au chaud devant une cheminée.