Le rôle-titre de cet opéra était un des rôles fétiches de Hvorostovsky, qui l'a interprété tout au long de sa carrière, de ses débuts à Krasnoyarsk à la fin des années 80 à une série de représentations à Londres fin 2015. Il a été souvent considéré comme l'un des meilleurs ( sinon le meilleur) interprètes de ce rôle sur cette période.
Revenons à cet album : il s'agit d'un enregistrement réalisé fin 1992, dans la foulée d'une série de représentations au Châtelet à Paris, avec exactement la même équipe (orchestre, chef, choeurs et solistes). C'est une très belle version. On notera que trois des quatre rôles principaux sont tenus par de jeunes chanteurs (27 à 30 ans), ce qui correspond bien à cet opéra, la moyenne d'âge de ces quatre personnages étant d'à peine 20 ans. Pour compléter ce beau trio, on a le ténor Neil Schicoff (né en 1949) très émouvant (sa version de son air "Kuda, Kuda" -juste avant qu'il aille se battre en duel avec Onéguine, suite à une dispute qui a éclaté entre les deux amis- est bouleversante).
Très bons seconds rôles, avec dans le rôle de Filipovna (la "nounou" de Tatiana) la présence de Irina Arkhipova (née en 1925), une des rares chanteuses soviétiques de sa génération à s'être produite assez régulièrement à l'Ouest.
Si Hvorostovsky et Olga Borodina ont fait de belles carrières (elle continue, mais se produit essentiellement en Russie maintenant), je ne sais pas ce qu'est devenue la soprano Nuccia Focile, qui interprète ici Tatiana.