Un OVNI unique et inimitable
S'il y a bien un album original dans l'espace rock du début des années 80, c'est bien celui-là.
La première fois que je l'ai écouté (j'avais 16 ans), j'ai détesté, car j'avais découvert avant les 3 premiers albums, donc la claque a été terrible, trop brutale peut-ètre. Maintenant, c'est celui pour lequel j'ai une affection particulière, pour lequel je ressens toute la nostalgie de l'ancienne époque.
Quel dròle d'engin, tout de mème. Le mélange des genres pourrait a priori sembler improbable, et pourtant ça fonctionne. Le bon vieux pseudo reggae de The Police se retrouve matiné de synthétiseurs, de gimmicks quasi jamesbrownien (voir "Demolition Man", morceau assez unique) avec cette voix froide et mettalique, inimittable de Sting. La symbiose est totale. D'ailleurs, l'album démarre sur les chapeaux de roues, trois morceaux d'anthologie, les 3 singles, très différents, très originaux et irrésistibles. Mention spéciale à "Invisible Sun" (peut-ètre ma chanson préférée de The Police) qui arrive largement à la cheville des "Sunday bloody sunday" des U2, bien que moins accrocheur peut-ètre, mais peut-ètre aussi plus sincère. Après l'album prend un virage plutot brusque pour rentrer dans un univers inédit, jamais entendu chez aucun autre groupe, une planète unique et inimitable.
L'introduction du synthé dans l'univers de The Police n'était pas aussi évident que ça, pourtant le résultat est étonnant, sublimé il est vrai par son couplement avec les cuivres, complètement dingues et qui donnent une dimension funky jazzy, particulièrement sensible dans la seconde partie de l'album ("Demolition Man", "Too much Information"). Sting n'a jamais été aussi près du maitre Brown, et c'est une vraie réussite. Le saxo est magistral (à écouter également les B sides, spécialement "Low Life", l'une des toutes meilleures chansons du groupe). "One World" est ultra entrainante, une rythmique de Copeland imbattable, une basse ragga, une voix entre espoir et hystérie. Bien sur, Sting est très majoritairement à la baguette, la production de Pagdham est énorme. Pourtant, on ne saurait faire l'impasse sur l'émouvant "Omegaman" de Summers, et l'encore plus émouvant "Darkness" de Copeland, une bombe, à mon sens une des meilleures chansons des années 80, qui vient clore l'album de la meilleure des façons, et nous laisse ce petit gout de nostalgie qui a du mal à s'estomper.