Innuendo
Après The Miracle, je me suis plongé dans Innuendo avec curiosité — et je dois dire que l’expérience a été à la fois déroutante, touchante, et parfois spectaculaire. L’album commence fort, avec une énergie folle : le morceau-titre Innuendo m’a immédiatement rappelé ce que j’aime chez Queen, cette capacité à faire du grandiose sans perdre leur grain de folie.
Mais très vite, l’album montre un autre visage. Plus sombre, plus expérimental, parfois un peu décousu. Je me suis senti un peu perdu sur des titres comme Bijou ou Delilah — cette dernière étant une déclaration d’amour très étrange (et très mignonne, quand on connaît le contexte) à l’un des chats de Freddie. WTF, miaou, effectivement.
Malgré quelques titres plus anecdotiques ou qui m’ont moins parlé (I Can’t Live with You, par exemple), il y a dans cet album une vraie richesse d’intentions. Breakthru m’avait déjà plu sur The Miracle, mais ici, des titres comme Headlong, Ride the Wild Wind ou The Hitman m’ont ramené au Queen plus rock et entraînant que j’affectionne. Ce n’est peut-être pas l’album le plus cohérent du groupe, mais il ose, il varie, et ça, je le respecte.
Et puis il y a les moments d’émotion pure. Don’t Try So Hard m’a touché, surtout en pensant à l’état de santé de Freddie au moment de l’enregistrement. Mais c’est évidemment These Are the Days of Our Lives et The Show Must Go On qui laissent la marque la plus profonde. J’ai trouvé la première jolie mais pas transcendante à l’écoute… jusqu’à ce que je voie le clip. Là, tout prend un autre sens. Quant à The Show Must Go On, je croyais la découvrir plus tôt dans leur discographie. Le fait qu’elle conclue leur dernier album studio sorti du vivant de Freddie la rend encore plus monumentale. C’est un hymne au courage, un adieu flamboyant. Rien que pour ça, l’album mérite d’exister.
Alors non, ce n’est pas mon préféré. Il manque peut-être d’unité, parfois de fluidité. Mais il a ce supplément d’âme, ce mélange de lucidité et de grandeur, qui fait qu’on ne peut pas l’ignorer.