Si l’association des mots morgue et musique a jamais signifié quelque chose, en voici la plus belle illustration. Zola Jesus (bam, tiens, prends ça dans la tête !) livre avec cet EP un condensé de tristesse, de désolation, qui n’est pas sans rappeler le Within the Realm of a Dying Sun des illustres Dead Can Dance, au patronyme non moins éloquent.

Synthétique, froid, Stridulum donne l’impression d’avoir été enregistré dans une sombre église peuplée par le démon ou quelques âmes bannies. L’écoute en est douloureuse, et la voix mortifère de Nika Roza Danilova donne la chair de poule, tant par sa justesse que par la profonde mélancolie qui s’en dégage.

Seulement six titres, seulement vingt minutes, mais qui portent à elles seules tout le désespoir de ce pauvre monde. C’est pour le moins troublant… Et prometteur, quand on sait que son auteur a à peine vingt ans.

Francois-Corda
9
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le 16 sept. 2018

Modifiée

le 14 juin 2024

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François Lam

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